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IA et gains de productivité — mains au clavier devant une ligne de production visible derrière une verrière d’atelier.
Consommation

L’IA se diffuse, mais les gains de productivité restent limités

Dans l’enquête de la Banque de France, 67 % des entreprises d’au moins 20 salariés déclarent utiliser l’IA générative. Les usages restent souvent expérimentaux et concentrés dans les fonctions support. Les gains de productivité déclarés sont encore partiels.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Un usage déclaré, souvent encore expérimental

L’enquête de la Banque de France a été menée du 25 février au 3 avril 2026 auprès d’environ 7 000 entreprises. Ses résultats sont redressés selon la taille et le secteur. Elle couvre l’industrie manufacturière, la construction et les services marchands non financiers, hors commerce.

Dans ce périmètre, 67 % des entreprises d’au moins 20 salariés déclarent utiliser l’IA générative (Outils capables de produire du texte, du code, des images, du son ou de la vidéo à partir d’une demande.). Ce taux mesure un usage déclaré, pas un déploiement intensif. La Banque de France précise que ces usages restent principalement limités ou expérimentaux.

L’adoption augmente avec la taille de l’entreprise. Elle atteint 64 % parmi celles de 20 à 49 salariés, contre 83 % parmi celles d’au moins 1 000 salariés. Le chiffre de 67 % ne décrit pas toutes les entreprises françaises. Les plus petites sociétés et plusieurs secteurs, dont la banque et l’assurance, ne sont pas inclus.

Les premiers usages se font loin de la production

Parmi les entreprises qui utilisent l’IA, 74 % la mobilisent d’abord dans les fonctions support. Seules 14 % l’emploient principalement dans les processus de production. Les relations commerciales et les ventes, puis l’administration, sont les domaines les plus souvent cités.

Les outils de génération de texte sont les plus répandus : 85 % des utilisatrices d’IA générative y recourent. Les assistants virtuels ou chatbots sont cités par 32 % d’entre elles. Ces outils peuvent alléger certaines tâches, sans modifier immédiatement la manière de produire ou de vendre.

Chez les entreprises qui n’utilisent pas l’IA, le premier obstacle déclaré n’est pas le coût. Quarante-neuf pour cent évoquent l’absence de cas d’usage identifié, contre 9 % les coûts. L’enjeu est concret : trouver une utilisation utile, puis l’intégrer au travail quotidien.

Pourquoi les gains ne sont-ils pas immédiats ?

L’outil seul ne transforme pas l’organisation. Parmi les utilisatrices, 31 % attribuent à l’IA générative une hausse de leur productivité (Dans cette enquête, les ventes réalisées par employé ; ce n’est pas seulement le temps gagné sur une tâche.) au cours des trois dernières années. La part est de 41 % pour l’IA non générative (Outils qui exploitent des données pour reconnaître, classer, prévoir ou recommander, sans créer principalement du contenu.), ou prédictive, qui analyse des données pour classer, prévoir ou recommander.

Dans ce questionnaire, la productivité correspond aux ventes réalisées par employé. Elle ne mesure pas seulement le temps économisé pour rédiger un texte ou chercher une information. La Banque de France avance l’hypothèse que les gains les plus importants dépendront d’une intégration dans la production, l’innovation et les processus propres à chaque métier.

Les réponses indiquent une hausse nette des investissements liés à l’IA : 15 % pour l’IA générative et 22 % pour l’IA non générative. Elles ne permettent pas d’isoler l’effet propre de l’IA.

L’emploi et les prix ne basculent pas à ce stade

L’enquête ne montre pas une disparition massive des emplois. Le solde net d’opinion (Écart entre la part des entreprises déclarant une hausse et celle déclarant une baisse ; ce n’est pas une variation moyenne.), c’est-à-dire l’écart entre les déclarations de hausse et de baisse, atteint -2 % pour l’IA générative. Il est de -3 % pour l’IA non générative. Ce n’est pas une variation moyenne des effectifs.

Les réponses ne signalent pas de baisse générale des prix de vente. Les entreprises déclarent plus souvent une hausse qu’une baisse de leurs prix. Le résultat suggère que les coûts d’intégration et les investissements absorbent encore une partie des bénéfices attendus.

Pour 2026-2029, 60 % des entreprises qui utilisent déjà l’IA ou prévoient de le faire en 2026 attendent un gain de productivité. Parmi elles, 17 % le jugent significatif. Vingt et un pour cent prévoient une baisse de leurs effectifs et environ un tiers une hausse de leurs investissements.

Une enquête distincte de l’Insee confirme l’accélération des usages déclarés, selon une autre méthode. En 2025, 18 % des entreprises implantées en France et comptant au moins 10 salariés utilisaient au moins une technologie d’IA. Cette part était de 10 % en 2024 et de 6 % en 2023. Ces données ne sont pas directement comparables à celles de la Banque de France. Elles confirment toutefois une diffusion rapide, dont les effets restent à mesurer.

Sources

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