À retenir
- Le feu avait brûlé 42 000 hectares en Gironde au 28 juillet.
- 62 campings et 50 000 vacanciers ont été évacués en Gironde et dans les Landes.
- Aucun bilan public ne chiffre encore les annulations ou les pertes touristiques de 2026.
- Les campings girondins ont compté 5,405 millions de nuitées en 2024.
Le tourisme est touché, pas arrêté partout
Les incendies ont désorganisé les vacances en Gironde, mais ils ne permettent pas d’affirmer que toute la saison touristique est terminée. Au 28 juillet, le feu avait parcouru 42 000 hectares. Il était stabilisé, c’est-à-dire que sa progression était arrêtée à ce moment-là. Il n’était pas encore fixé : son périmètre n’était pas totalement circonscrit. Quatorze reprises de feu avaient été signalées le même jour.
La formule « la saison touristique est terminée », attribuée par Franceinfo au président non identifié du syndicat d’hôtellerie de plein air de Gironde, exprime une alerte professionnelle. Elle n’est pas un bilan statistique. Au 29 juillet, aucune donnée publique consolidée ne mesure les réservations annulées, les remboursements, les campings détruits ou les pertes de chiffre d’affaires de 2026.
Le contexte explique cette inquiétude. L’incendie avait démarré le 22 juillet et avait déjà brûlé plus de 32 000 hectares le 25 juillet. Les consignes d’évacuation et les restrictions d’accès ont frappé la période la plus chargée de l’été. Elles ont aussi été décidées dans un cadre de sécurité qui évolue avec le feu.
En chiffres
- 4 000 personnes ont été évacuées préventivement des hébergements touristiques de Lacanau le 28 juillet.
- 62 campings évacués et 50 000 vacanciers concernent ensemble la Gironde et les Landes.
- Ces évacuations ne mesurent ni des annulations définitives ni des établissements détruits.
Les vacanciers concernés dépendent de leur zone
Les personnes hébergées dans les secteurs évacués ont été mises à l’abri par précaution. Une évacuation préventive est une décision prise avant une menace directe, afin de permettre un départ sûr et de faciliter le travail des secours. Elle ne préjuge pas, à elle seule, de la durée de fermeture d’un hébergement ou du retour possible des clients.
Pour les séjours prévus en août, il faut distinguer la zone directement touchée du reste du département. Le 28 juillet, le ministre chargé du Tourisme, Serge Papin, a appelé à ne pas annuler les vacances prévues en Gironde. Il a dit espérer la réouverture en août des zones évacuées où les flammes n’auraient pas causé de dégâts. Cette perspective dépend de l’évolution de l’incendie et ne vaut pas décision générale de réouverture.
Concrètement, le bon repère n’est pas une déclaration nationale sur la saison, mais la situation de l’hébergement et de son secteur. Le retour des visiteurs dépend encore des décisions des autorités locales et de la maîtrise du feu. Le 28 juillet, « stabilisé » ne signifiait pas « fixé » : les 14 reprises de feu montraient que la situation demeurait instable.
L’hôtellerie de plein air est très exposée
L’hôtellerie de plein air, c’est le secteur des campings et de leurs emplacements nus ou équipés. Il occupe une place importante en Gironde : les campings du département ont enregistré 5,405 millions de nuitées en 2024. Une nuitée correspond à une personne logée une nuit.
Cette activité ne repose pas seulement sur les vacanciers français. En 2024, 36,9 % des nuitées de camping provenaient de clientèles non résidentes. La même année, 58,1 % des nuitées étaient réalisées sur des emplacements équipés, comme un mobil-home, un bungalow ou un chalet. Ces données donnent l’ampleur du secteur, mais elles ne permettent pas de convertir les évacuations de juillet en un montant de pertes pour 2026.
Le choc peut aussi dépasser les seuls campings. Selon une estimation du président de la Chambre de commerce et d’industrie Bordeaux Gironde, environ 14 500 entreprises avaient cessé toute activité ou subi des dommages au 27 juillet, pour environ 130 000 personnes au travail affectées. C’est une estimation déclarative large : elle ne désigne ni le seul tourisme ni un niveau de chiffre d’affaires perdu.

Le précédent de 2022 invite à la prudence
Les incendies de 2022 montrent qu’un feu exceptionnel peut peser sur la fréquentation sans effacer toute une saison. Cette année-là, plus de 30 000 hectares de forêt avaient brûlé en Gironde et près de 50 000 personnes avaient été évacuées préventivement. Les campings avaient néanmoins enregistré 5,139 millions de nuitées sur l’ensemble de la saison, d’avril à septembre.
La fréquentation a ensuite atteint 5,414 millions de nuitées en 2023, soit 5,4 % de plus qu’en 2022, avant de se tasser de 0,2 % en 2024. La série illustre un recul puis un rebond. Elle ne prédit pas le résultat de 2026, car les zones touchées, le calendrier et les évacuations ne sont pas les mêmes.
La saison actuelle ne pourra être chiffrée qu’après la période d’hôtellerie de plein air, qui couvre avril à septembre, et les publications statistiques qui suivront. Présenter dès juillet une « saison blanche » reviendrait à transformer une inquiétude légitime en résultat non établi.
Comment lire les annonces et les bilans
Les chiffres disponibles n’ont pas tous le même périmètre. Le décompte de 62 campings et 50 000 vacanciers additionne la Gironde et les Landes. Il ne faut pas le présenter comme un total girondin. De même, les 4 000 personnes évacuées à Lacanau sont un chiffre local, qui ne mesure pas les annulations de séjour.
Comment ça marche
- Distinguer un feu stabilisé, dont l’avancée est arrêtée temporairement, d’un feu fixé, dont le périmètre est contenu.
- Vérifier le territoire du chiffre : Gironde seule ou Gironde et Landes réunies.
- Séparer les personnes évacuées des réservations annulées et des pertes financières : ce ne sont pas les mêmes indicateurs.
- Attendre les données de fréquentation pour établir le bilan touristique de 2026.
Pour un lecteur, l’information utile est double : les perturbations sont réelles et peuvent concerner un séjour selon sa localisation ; le bilan économique complet n’est pas encore connu. L’appel à maintenir les séjours hors zones dangereuses et l’alerte des professionnels ne se contredisent pas entièrement. Ils décrivent deux réalités différentes : la sécurité immédiate et l’incertitude économique de la saison.
Sources
- Nouvelle-Aquitaine : plus de 1 200 gendarmes mobilisés en Gironde et dans les Landes — Gendarmerie nationale, consulté le 29/07/2026.
- Mégafeu en Gironde : stabilisé mais avec 14 reprises de feu, avant l'arrivée d'un nouveau pic de chaleur — AFP via Boursorama, consulté le 29/07/2026.
- Vu l'ampleur des incendies, « la saison touristique est terminée », regrette le président du syndicat d'hôtellerie de plein air de Gironde — Franceinfo, consulté le 29/07/2026.
- Incendies en France : Serge Papin appelle à ne pas annuler les vacances en Gironde en août — Agence Anadolu, consulté le 29/07/2026.
- Incendies en Gironde — Département de la Gironde, consulté le 29/07/2026.
- Tourisme - La clientèle résidant en France soutient la fréquentation des hôtels et campings - Bilan économique 2019 — Insee, consulté le 29/07/2026.
- Tourisme - La fréquentation touristique retrouve son niveau d'avant-crise - Bilan économique 2022 — Insee, consulté le 29/07/2026.
- Tourisme - La fréquentation touristique continue de progresser - Bilan économique 2023 — Insee, consulté le 29/07/2026.
- Tourisme - La fréquentation des hébergements collectifs de tourisme en léger repli — Insee, consulté le 29/07/2026.



