Épargne salariale : le gouvernement étudie des prélèvements
Le gouvernement étudie des prélèvements sur l’épargne salariale pour financer le budget 2027 de la Sécurité sociale. La piste, confirmée par le ministre de l’Économie, n’a ni texte, ni taux, ni seuil officiel.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a confirmé, le 7 septembre, que des prélèvements sur l’épargne salariale faisaient partie des pistes examinées pour le budget 2027 de la Sécurité sociale. « Ça fait partie des pistes qu’on regarde, comme d’autres », a-t-il déclaré. Cette option n’est donc pas une mesure adoptée.
Aucun projet de loi ne précise pour l’instant le taux, les sommes concernées ou la répartition éventuelle entre employeur et salarié. Des informations de presse évoquent un assujettissement de la fraction dépassant 3 000 € par an des primes d’intéressement, de participation et des abondements de l’employeur. Ce seuil n’est pas confirmé par le gouvernement.
Le premier texte susceptible de détailler la mesure est le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Il doit être déposé au plus tard le 6 octobre 2026.
Le régime actuel des primes
Les sommes visées seraient les primes d’intéressement et de participation, ainsi que l’abondement, c’est-à-dire le complément versé par l’employeur sur le plan d’épargne du salarié. L’intéressement est facultatif. La participation est obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés.
Lorsque les règles du dispositif sont respectées, ces sommes sont aujourd’hui exclues des cotisations de Sécurité sociale, à la différence du salaire. Elles restent soumises à la contribution sociale généralisée et à la contribution au remboursement de la dette sociale (CSG-CRDS). Ces prélèvements totalisent 9,70 % dès le premier euro.
Dans les entreprises de 250 salariés ou plus, l’intéressement supporte aussi un forfait social de 20 %, payé par l’employeur. Sans taux ni assiette définitive, il est impossible de chiffrer l’effet d’une nouvelle cotisation sur une prime ou sur son coût pour l’entreprise. La date d’entrée en vigueur reste elle aussi inconnue.
Le gouvernement soutient un déblocage exceptionnel de l’épargne salariale, plafonné à 5 000 €. Mais le texte n’a pas encore été adopté par l’Assemblée nationale : aucun retrait ne peut être demandé aujourd’hui.
Le gouvernement étudie une taxation accrue de l'épargne salariale pour financer la Sécurité sociale. Aucun dispositif n'est arrêté : seuil, taux et personne qui paierait restent inconnus.
Le gouvernement étudie des cotisations supplémentaires sur une partie de l’épargne salariale, dans le cadre du budget 2027. Aucun texte ni taux n’est publié et la piste connue ne vise pas les sommes déjà placées.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les avoirs déjà déposés à la Caisse des dépôts. Les comptes actifs ne sont pas concernés ; le texte prévoit la restitution intégrale des sommes réclamées par leurs titulaires ou ayants droit, intérêts compris.
Invités aux Assises de l’Afer, sept candidats et représentants à l'élection présidentielle de 2027 ont promis de préserver le régime fiscal de l’assurance-vie. Ce consensus de tribune écarte tout prélèvement sur l’épargne, mais masque de profondes divergences sur les donations et la retraite.
La Fédération bancaire française rejette fermement le projet de porter le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Proposée pour financer la transition climatique, cette mesure profiterait avant tout aux ménages les plus aisés selon les établissements financiers.