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Techniciens contrôlant des vannes et des canalisations sur une installation de stockage souterrain de gaz, au petit matin.
Consommation

Les stocks européens de gaz restent sous 60 % avant l'hiver

Les réserves de gaz de l'Union européenne atteignent 59,4 % de leur capacité utile. Ce retard n'annonce pas une coupure. Il peut toutefois maintenir une pression sur le prix du gaz acheté pour préparer l'hiver.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Les réserves progressent, mais restent loin de leur cible

Les stockages souterrains de gaz de l'Union européenne atteignaient 59,4 % de leur capacité utile le 12 août. Ils contenaient alors environ 671,3 térawattheures (TWh) de gaz. Ce pourcentage décrit les réserves déjà constituées pour la saison froide.

Fin juillet, les stockages de l'Union européenne et du Royaume-Uni n'étaient remplis qu'à environ 55 %. C'était leur deuxième plus bas niveau pour cette date depuis 2016, selon l'Institute of Energy Economics de l'université de Cologne. Les deux périmètres ne sont pas identiques. Leurs taux ne doivent donc pas être comparés directement.

Selon l'institut, il faudrait environ 275 TWh additionnels depuis ce niveau de fin juillet. Ce volume permettrait de constituer un coussin proche de 80 % au 1er novembre. C'est un ordre de grandeur, pas l'obligation légale. La règle européenne fixe un objectif de 90 %.

En France, les réserves représentaient 75,4 TWh le 10 août. Cela correspondait à 60,9 % de la capacité utile. Ce niveau est proche de la moyenne européenne, sans désigner exactement la même capacité de stockage.

Les stocks complètent les importations pendant le chauffage

Un stockage souterrain de gaz (Réserve de gaz injectée sous terre l'été et soutirée l'hiver pour compléter les importations lors des pics de demande.) est une réserve remplie pendant les mois où la consommation est plus faible. Le gaz est ensuite soutiré lorsque le chauffage augmente les besoins. Dans l'Union européenne, ces installations représentent environ 30 % de la consommation de gaz pendant les mois d'hiver.

Elles ne couvrent donc pas seules les besoins de la saison froide. L'Europe doit aussi continuer à importer du gaz et à l'acheminer par son réseau. Le seuil actuel ne déclenche pas, par lui-même, une coupure. Son importance se joue dans les achats encore nécessaires pour terminer le remplissage.

Ces achats dépendent largement du GNL (Gaz naturel liquéfié, transporté par navire puis regazéifié ; ses cargaisons peuvent être achetées par l'Europe ou l'Asie.), le gaz naturel liquéfié transporté par navire puis regazéifié. Les cargaisons se vendent sur un marché mondial. Lorsque l'Asie les recherche davantage ou que les flux se compliquent, les acheteurs européens doivent proposer un prix plus élevé pour les attirer.

Cette dépendance est devenue marquée. Durant l'hiver 2025-2026, les États-Unis ont fourni environ 30 % des importations gazières de l'Union. Ils ont aussi représenté près des deux tiers de ses importations de GNL, selon l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie (ACER).

C'est ainsi que le niveau des stocks peut finir par peser sur les ménages. Des réserves moins avancées impliquent davantage d'achats lorsque les cargaisons sont disputées. La facture d'un foyer ne suit pas automatiquement le pourcentage affiché. Elle dépendra de la durée de la tension sur les prix de gros, des coûts de réseau et de la formule de son contrat.

L'ACER décrit un risque supplémentaire, qui reste conditionnel. Les perturbations de production au Qatar pourraient durer jusqu'à la fin de 2026. Dans ce scénario, le marché mondial manquerait de 26 milliards de mètres cubes de GNL. Ce scénario n'est pas une prévision certaine. Il montre la sensibilité du remplissage européen aux approvisionnements mondiaux.

La règle fixe toujours un objectif de 90 %

La règle européenne ne demande plus d'atteindre la cible à une date unique. Chaque État membre doit viser un remplissage de 90 % à un moment compris entre le 1er octobre et le 1er décembre. Cette fenêtre a remplacé l'ancienne échéance fixe du 1er novembre.

Le règlement autorise des flexibilités lorsque le remplissage devient difficile. Un État peut alors s'écarter de l'objectif de jusqu'à 10 points de pourcentage. Il doit respecter les conditions prévues par le texte. Cette possibilité ne transforme pas 80 % en nouvelle règle générale.

En avril, la Commission européenne jugeait possible d'atteindre au moins 80 % au 1er novembre. Cette appréciation dépendait de la disponibilité du GNL. Elle ne constituait ni une garantie, ni une modification de l'objectif légal. Le coût des cargaisons et leur disponibilité détermineront désormais la vitesse du remplissage avant la fenêtre réglementaire.

Sources

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