Tarif agent : les salariés de l’énergie font grève
Les salariés et retraités des industries électriques et gazières se mobilisent le 15 septembre pour défendre leur tarif agent. Cet avantage très inférieur aux prix facturés aux particuliers est contesté par la Cour des comptes. Le gouvernement étudie une évolution, sans nouveau barème public.
En 2024, les bénéficiaires ont payé en moyenne 2,2 % du prix de l’électricité acquitté par les autres consommateurs. Pour le gaz, cette part était de 1,8 %.
Pour le groupe EDF, le coût du tarif agent (Avantage des salariés et retraités des industries électriques et gazières : une grande partie de la facture d’énergie est prise en charge ou facturée à prix réduit.) a atteint 733 millions d’euros en 2024. Les passifs sociaux liés à son maintien après l’emploi atteignaient 3,9 milliards d’euros.
La Cour des comptes recommande de réduire progressivement l’avantage, notamment en plafonnant les consommations prises en compte.
Un avantage réservé aux agents des IEG
Quatre fédérations représentatives des industries électriques et gazières (IEG) ont appelé à une journée d’actions et de grève le 15 septembre. La FNME-CGT, CFE Énergies, la FCE-CFDT et FO Énergie et Mines défendent le tarif agent. Le mouvement dépasse donc les seuls salariés d’EDF et d’Engie.
Le tarif agent n’est pas une offre que les particuliers peuvent souscrire. Il comprend un abonnement gratuit, un prix de l’énergie très réduit et des taxes prises en charge par l’employeur. Pour l’électricité, la Cour des comptes indique 0,61 centime d’euro toutes taxes comprises par kilowattheure. Le gaz bénéficie aussi d’un prix très réduit, mais son barème comporte des paliers.
Les pensionnés sont également concernés, car l’avantage est maintenu après la fin de l’emploi. Le tract intersyndical du 8 septembre appelle les salariés à faire grève et les pensionnés à participer à la mobilisation. C’est ce droit durable que les organisations cherchent à préserver.
Les pourcentages cités par la Cour ne décrivent pas une facture-type. Ils comparent le prix moyen payé par les bénéficiaires à celui des autres consommateurs en 2024. Ils donnent l’ampleur de l’écart, sans permettre de calculer l’avantage d’un foyer donné.
Pourquoi la Cour des comptes demande une évolution
Dans son rapport publié le 17 juillet, la Cour des comptes juge que le dispositif ne peut pas rester en l’état. Elle estime que sa valorisation fiscale et sociale (Montant retenu pour calculer l’impôt et les cotisations dus sur un avantage en nature.) est très inférieure à la valeur réelle de l’énergie. Cette valorisation correspond au montant retenu pour calculer l’impôt et les cotisations sur l’avantage en nature.
La Cour résume son constat ainsi : « L’avantage en nature énergie représente un coût démesuré ». Son coût a atteint 733 millions d’euros pour le groupe EDF en 2024, après 1,025 milliard d’euros en 2023. Ces montants sont des coûts annuels.
Ils ne doivent pas être confondus avec les 3,9 milliards d’euros de passifs sociaux comptabilisés à fin 2024. Un passif social (Dette comptable estimant le coût futur d’avantages dus aux salariés et retraités ; ce n’est pas une dépense d’une seule année.) est une estimation du coût futur d’avantages dus aux salariés et retraités. Dans ce cas, il reflète le maintien prévu du tarif après l’emploi, et non une dépense réglée en une seule année.
Une réforme discutée, sans nouveau barème
Le ministère de l’Énergie a confirmé examiner une évolution du dispositif après une mise en demeure de la Cour des comptes. La décision pourrait passer par un arrêté ministériel. Aucun projet d’arrêté, nouveau prix du kilowattheure, plafond de consommation ou calendrier d’entrée en vigueur n’était toutefois public le 15 septembre.
La recommandation la plus précise de la Cour ne vise pas une suppression immédiate. Elle propose d’abord de plafonner progressivement les consommations couvertes. Elle recommande aussi d’actualiser la valeur fiscale et sociale de l’avantage à partir des tarifs réglementés de l’électricité et des prix repères du gaz.
Une telle évolution réduirait potentiellement le bénéfice pour les salariés et retraités concernés. Son ampleur reste impossible à chiffrer tant qu’aucun texte ni paramètre n’est publié.
Une mobilisation constatée, sans bilan national
Des débrayages ont été constatés le 15 septembre sur des sites EDF à La Réunion, avec des piquets installés dès le matin. Cette information confirme que l’appel s’est traduit localement. Aucun bilan national consolidé de la participation n’était alors disponible.
Sébastien Lecornu demande que les dépenses de l’État hors défense restent au niveau de 2026 dans le budget 2027. Le plafond de référence serait ramené à 461,1 milliards d’euros, soit 2,5 milliards de moins que la trajectoire de juillet. Les économies restent à répartir entre les ministères.
Une grève très suivie dans les industries électriques et gazières a remis le tarif agent au premier plan. La Cour des comptes juge cet avantage coûteux pour EDF et propose d’en revoir les règles. Aucun nouveau barème n’a toutefois été publié.
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