BCE : Peter Kažimír juge d'autres hausses de taux inévitables
Quatre jours après la pause décidée par la Banque centrale européenne, le gouverneur slovaque Peter Kažimír estime que les taux directeurs devront encore augmenter. Face au rebond de l'inflation à 3,8 % en zone euro, il fixe le prochain rendez-vous décisif à la réunion des 16 et 17 décembre 2026.
Dans une note publiée le 2 novembre 2026 par la Banque nationale de Slovaquie, son gouverneur Peter Kažimír alerte sur la persistance de l'inflation (Hausse générale et durable des prix des biens et des services, qui réduit le pouvoir d'achat de la monnaie.). Ce membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) appelle à de nouveaux relèvements des taux d'intérêt (Pourcentage qui mesure le coût d'un emprunt ou la rémunération d'un placement sur une période donnée.). « Nous devons agir avant qu'une inflation élevée ne commence à paraître normale », prévient-il.
Jeudi 29 octobre 2026, l'institution de Francfort avait pourtant maintenu son taux de la facilité de dépôt (Principal taux directeur de la BCE : il rémunère les liquidités déposées par les banques commerciales au jour le jour et guide les taux du crédit.) à 2,50 %. Ses autres taux directeurs étaient aussi restés inchangés, à 2,65 % pour le refinancement principal et 2,90 % pour le prêt marginal. Peter Kažimír approuve cette pause destinée à laisser infuser les décisions passées, mais refuse d'y voir « une ligne d'arrivée ».
Ramené de 4,00 % en septembre 2023 à 2,00 % en juin 2025 en huit baisses, le taux de la facilité de dépôt est remonté à 2,50 % en deux hausses en 2026 avant de rester stable en octobre.LaBanque.org — données : Banque centrale européenne (BCE)Source
L'énergie à +18,9 % ravive le risque sur les prix
La BCE a déjà inversé sa politique monétaire (Ensemble des décisions prises par une banque centrale pour réguler la monnaie en circulation et maintenir la stabilité des prix.) à deux reprises en 2026 face au nouveau choc énergétique. Son taux de dépôt était descendu de 4,00 % en septembre 2023 à un plancher de 2,00 % en juin 2025 après huit baisses. Elle l'a ensuite relevé de 0,25 point en juin 2026 à 2,25 %, puis d'autant en septembre 2026 pour atteindre 2,50 %.
En zone euro, la hausse annuelle des prix a atteint 3,8 % en septembre 2026 contre 3,2 % en août, selon Eurostat. La flambée de l'énergie (+18,9 % sur un an, après +14,3 % en août) éloigne la cible d'inflation de 2 %. Les prix de l'alimentation recommencent aussi à accélérer, à +1,3 % sur un an en septembre contre +1,1 % en août.
Pour justifier le statu quo d'octobre, Francfort relevait que l'inflation sous-jacente (Mesure de l'évolution des prix hors énergie et alimentation, utilisée pour suivre la tendance profonde de l'inflation dans l'économie.) restait stable et que les salaires réagissaient peu. Le gouverneur slovaque redoute toutefois des effets de second tour (Enchaînement par lequel une hausse initiale des coûts, comme l'énergie, se répercute sur les prix de vente puis sur les demandes de hausses de salaires.) lorsque les entreprises répercuteront leurs coûts accumulés sur leurs tarifs. L'affaiblissement de l'euro et les aides budgétaires des États entretiennent par ailleurs la demande et les pressions sur les prix.
Décembre 2026 comme prochain rendez-vous décisif
Peter Kažimír fixe le prochain point de décision à la réunion de la BCE des 16 et 17 décembre 2026 à Francfort. Les vingt-sept membres du Conseil des gouverneurs disposeront alors des nouvelles projections économiques trimestrielles de l'Eurosystème. « Pour moi, la question n'est plus tant de savoir si de nouvelles mesures seront nécessaires, mais plutôt combien il en faudra encore », affirme-t-il.
Les marchés financiers anticipent aujourd'hui entre deux et trois hausses de taux supplémentaires au cours des douze prochains mois. Le banquier central slovaque estime que ces attentes sous-estiment peut-être encore l'effort requis pour contenir durablement la hausse des prix.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Le déblocage des réserves stratégiques ramène le prix moyen du gazole à 2,28 € le litre ce 2 novembre. Ce recul de 10 centimes en trois jours concerne déjà une station-service sur deux en France. La remise atteint jusqu'à 21 centimes dans la grande distribution, mais tarde chez les indépendants.
À un mois des négociations commerciales, les grands supermarchés boycottent la réunion préparatoire organisée à Bercy ce 2 novembre 2026. Ils exigent que leurs fournisseurs multinationaux absorbent leurs hausses de coûts pour éviter un rebond des prix en rayon début 2027.
Face à la mobilisation sur le pouvoir d'achat, l'exécutif étudie une hausse du Smic dès la fin de l'année 2026. Au-delà d'une simple avance sur janvier, un coup de pouce porterait la revalorisation autour de 1,5 %. Cela représenterait environ 22 € net de plus par mois.
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 1,25 % le 30 octobre 2026, son plus haut niveau depuis 1995. L'institution juge désormais sa cible d'inflation de 2 % atteinte et accélère la réduction de son portefeuille d'actions dès janvier 2027.
La hausse des prix à la consommation atteint 3,4 % sur un an en France en octobre 2026, au plus haut depuis début 2024. La flambée de l'énergie et la tenue des services effacent l'accalmie observée sur l'alimentation et les biens industriels.
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé son principal taux directeur inchangé à 2,50 % le 29 octobre 2026. Après deux hausses consécutives cet été face au rebond de l'inflation, l'institution marque une pause pour évaluer le ralentissement du crédit en zone euro.