La Banque du Japon garde son taux à 1,25 % et durcit le ton
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 1,25 % le 30 octobre 2026, son plus haut niveau depuis 1995. L'institution juge désormais sa cible d'inflation de 2 % atteinte et accélère la réduction de son portefeuille d'actions dès janvier 2027.
La pause monétaire décidée le 30 octobre 2026 succède au relèvement de 25 points de base voté en septembre. La banque centrale (Institution chargée d'émettre la monnaie, de fixer les taux directeurs et de veiller à la stabilité des prix.) japonaise laisse ainsi son taux au jour le jour sans garantie à 1,25 %. Ce loyer de l'argent était encore négatif à -0,10 % jusqu'en mars 2024, avant cinq hausses successives qui l'ont hissé à ce palier historique.
La décision d'octobre a été acquise par huit voix contre une au sein du directoire. Le gouverneur Kazuo Ueda a dû composer avec l'opposition d'Hajime Takata, partisan d'un passage immédiat à 1,50 %. Pour ce membre du conseil, le niveau actuel des prix impose de rapprocher plus vite le taux d'intérêt (Rémunération d'un prêt ou d'un placement, exprimée en pourcentage annuel du capital.) de son point d'équilibre.
De mars 2024 à octobre 2026, le taux directeur nippon est passé de 0,1 % à 1,25 % après cinq hausses et une stabilité.LaBanque.org — données : Banque du JaponSource
Une cible d'inflation atteinte après treize ans
Ce vote partagé s'appuie sur le nouveau rapport trimestriel de perspectives économiques publié le même jour. Pour la première fois depuis janvier 2013, l'institution estime que l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit le pouvoir d'achat de la monnaie.) sous-jacente est généralement conforme à sa cible de 2 %. Hors produits frais et énergie, la hausse des prix est attendue entre 2,6 % et 2,7 % pour l'exercice fiscal 2027.
Cette révision s'explique par la progression des salaires et la répercussion des coûts de l'énergie et des importations. Kazuo Ueda refuse néanmoins de proclamer une « victoire définitive » sur la déflation. « Si nos prévisions économiques et sur les prix se réalisent, nous continuerons à ajuster le degré d'assouplissement monétaire et à relever le taux directeur », a-t-il déclaré en conférence de presse.
Ventes d'actions accélérées et cap sur décembre
En parallèle, le directoire a voté à l'unanimité l'accélération de la cession de ses fonds indiciels cotés (ETF (Fonds indiciel coté en Bourse qui réplique la performance d'un indice boursier.)). Dès janvier 2027, ces ventes annuelles passeront de 330 à 860 milliards de yens en valeur comptable. Pour ce portefeuille d'environ 37 000 milliards de yens, la durée théorique de liquidation recule ainsi de 112 à 43 ans.
Sur le marché des changes, ce resserrement réduit l'attrait du portage de devises (Stratégie consistant à emprunter dans une devise à taux faible pour placer ces fonds dans une monnaie offrant un rendement supérieur.) financé en yens et soutient la monnaie nippone. Les opérateurs ciblent la réunion des 17 et 18 décembre 2026 pour un relèvement du taux à 1,50 %. Le calendrier de ce mouvement dépendra de la volatilité du yen face au dollar et de la tenue des Bourses mondiales.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
L'inflation française accélère à 3,4 % sur un an en octobre 2026 selon l'Insee, au plus haut depuis janvier 2024. Ce rebond est tiré par un bond de 24,1 % de l'énergie. Il active les formules de calcul des retraites de base, du Livret A et de la taxe foncière pour 2027.
La hausse des prix à la consommation atteint 3,4 % sur un an en France en octobre 2026, au plus haut depuis début 2024. La flambée de l'énergie et la tenue des services effacent l'accalmie observée sur l'alimentation et les biens industriels.
TotalEnergies abaisse le prix du diesel à 2,15 € le litre dès ce samedi 31 octobre 2026 dans ses 705 stations Access. Cette baisse découle de la libération par l'État de 10 millions de barils issus des réserves nationales. Les autres stations du groupe et le fioul domestique suivront le 2 novembre.
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé son principal taux directeur inchangé à 2,50 % le 29 octobre 2026. Après deux hausses consécutives cet été face au rebond de l'inflation, l'institution marque une pause pour évaluer le ralentissement du crédit en zone euro.
Christine Lagarde quittera la présidence de la Banque centrale européenne le 7 février 2027, près de neuf mois avant le terme de son mandat. Ce départ anticipé ouvre dès maintenant la course à sa succession entre les capitales de la zone euro, avant l'élection présidentielle française du printemps 2027.
BNP Paribas, Crédit Agricole S.A. et Société Générale cumulent plus de 7,33 milliards d'euros de bénéfices nets au troisième trimestre 2026. Longtemps freinés par le stock de prêts à taux fixe, les réseaux français profitent du renouvellement des crédits et du repli du taux du Livret A.