La Bourse de Paris rebondit, mais la dette reste sous pression
Le CAC 40 reprend 0,35 % au matin du 2 octobre, après sa baisse de la veille. Mais les taux français restent proches de leurs sommets récents, alors que le budget 2027 doit encore franchir les étapes parlementaires.
Le rebond des actions parisiennes (Titres qui représentent une fraction du capital d'une entreprise cotée.) reste fragile : le CAC 40 gagnait 0,35 % peu après l’ouverture du 2 octobre, à 7 862,47 points, après avoir reculé de 1,62 % la veille. Sur la semaine, l’indice perdait encore plus de 2,60 %.
Les taux français continuent de monter
Le marché des taux d'intérêt (Prix payé pour emprunter de l’argent, ou rémunération reçue pour le prêter.) envoie un signal moins favorable. Le rendement obligataire (Taux exigé par les investisseurs pour prêter leur argent ; sa hausse renchérit le financement de l’emprunteur.) français à dix ans a atteint 4,96 % en séance le 1er octobre, avant de terminer à 4,91 %. D’après l’AFP, il s’agit de son plus haut niveau depuis 2002.
La série officielle de la Banque de France confirme que cette tension ne se résume pas à un pic isolé. Le TEC 10, taux de référence français à dix ans, est passé de 4,634 % le 25 septembre à 4,903 % le 1er octobre, avec quatre hausses successives.
Le taux de référence français à dix ans progresse à chacune des quatre étapes de la séquence.LaBanque.org — données : Banque de FranceSource
Cette remontée renchérit le financement de l’État, alors que la dette publique (Ensemble des emprunts accumulés par l’État et les autres administrations publiques.) s’élevait à 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB à la fin du deuxième trimestre 2026. L’Agence France Trésor prévoit par ailleurs un besoin de financement de 339,7 milliards d’euros en 2027, soit 28 milliards de plus que le besoin actualisé pour 2026.
Le marché prête encore à la France
La France continue toutefois d’emprunter. Le 1er octobre, l’Agence France Trésor a adjugé 11,999 milliards d’euros d’OAT (Obligation émise par l’État français pour emprunter sur les marchés, à moyen ou long terme.), des titres par lesquels l’État emprunte à moyen ou long terme. La demande a dépassé les montants adjugés, mais les taux moyens pondérés se situaient entre 4,93 % et 5,40 % selon les maturités.
Le sujet est donc moins une fermeture du marché qu’une hausse du prix du financement. Le prochain test sera politique : la première partie du projet de budget 2027 doit être discutée à l’Assemblée nationale à partir du 13 octobre, avec un vote solennel prévu le 20 octobre.
Le groupe bancaire français BPCE a acquis environ 7 % de Banco Sabadell. Cette participation a une valeur de marché estimée à environ 1,2 milliard d’euros, sur la base du cours de clôture de la veille. BPCE vise un siège au conseil et explore quatre domaines de coopération, sans annoncer de prise de contrôle.
La néobanque britannique Revolut atteint 103 milliards d'euros de valorisation et 80 millions de clients à l'automne 2026. L'établissement dépasse désormais des piliers comme Barclays et la Société Générale. Pourtant, son modèle repose sur des usages du quotidien et très peu sur le crédit.
Le 5 octobre 2026, l'indice CAC 40 recule de 1,04 % en milieu de matinée. La place parisienne subit le plongeon de 10 % de Schneider Electric après l'annonce d'un rachat record aux États-Unis. En parallèle, la hausse des taux de la dette publique française pèse sur l'ensemble de la cote.
Le 30 septembre en milieu de séance, le CAC 40 cédait 0,39 % à 8 004,85 points. L'indice parisien pâtit de l'accélération de l'inflation française à 3,0 % et des vives tensions sur les emprunts d'État. Ce repli traduit l'inquiétude des investisseurs face aux coûts d'emprunt et au calendrier budgétaire national.
Emmanuel Moulin avertit que la hausse des taux peut alourdir les finances publiques françaises. Le projet de budget 2027 prévoit une charge d’intérêts de 91,2 milliards d’euros, contre 79,2 milliards en 2026. La demande reste toutefois supérieure à l’offre lors des émissions.
La banque centrale indienne relève son taux directeur de 0,25 point, à 5,50 %, pour répondre au retour de l’inflation. Celle-ci a atteint 4,82 % en août, mais reste sous le plafond de 6 %. Une pause reste possible lors de la prochaine décision.