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Hausse des coûts d'emprunt de l'État — façade du ministère de l'Économie à Bercy bordant la Seine, passants sur le quai pavé sous un ciel d'automne.
Consommation

Taux d'intérêt français : l'emprunt à dix ans grimpe à 4,75 %

Le rendement de référence de la dette française à dix ans s'est établi à 4,751 % le 30 septembre 2026, poussant Sébastien Lecornu à alerter sur le coût des emprunts publics. Cette remontée porte la prévision de charge de la dette de l'État à 72,9 milliards d'euros pour 2027.

Par Éloïse Lefort2 min de lecture
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Une tension continue sur les emprunts d'État

Le coût auquel la France emprunte à long terme enregistre une nette accélération. Selon la Banque de France, le TEC10 (Indicateur calculé par la Banque de France représentant le rendement d'un emprunt d'État français fictif à dix ans.), indicateur de référence du rendement à dix ans, s'est établi à 4,751 % le 30 septembre 2026. Il s'affichait encore à 4,194 % le 1er septembre. En séance sur les marchés, les taux ont frôlé le seuil de 4,8 %, un niveau inédit depuis 2008.

Cette poussée brutale a provoqué une réaction immédiate au sommet de l'exécutif. À la veille des arbitrages budgétaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu a averti que « le réel nous rattrape ». Le mouvement s'est installé au fil du mois, marqué par six hausses sur huit intervalles de cotation.

Taux d'intérêt français à dix ans mesurés par le TEC10 en septembre 2026 : progression de 4,194 % à 4,751 % sur l'ensemble du mois.
Évolution de l'indice obligataire TEC10 publié par la Banque de France en septembre 2026.LaBanque.org — données : Banque de France (Webstat)Source

Un surcoût direct pour le budget de l'État

La hausse des taux d'intérêt (Pourcentage déterminant le coût payé par un emprunteur ou le rendement perçu par un prêteur sur les sommes engagées.) alourdit sans attendre la gestion des finances publiques. Pour financer ses dépenses et honorer les échéances passées, l'État fait face à un besoin de financement (Montant total que l'État doit emprunter pour combler son déficit budgétaire et rembourser les emprunts arrivant à échéance.) prévisionnel de 339,7 milliards d'euros en 2027. L'Agence France Trésor prévoit ainsi d'émettre 340,0 milliards d'euros d'emprunts à moyen et long terme, principalement sous forme d'OAT (Obligation assimilable du Trésor émise par l'État français pour emprunter à moyen ou long terme sur les marchés financiers.).

Le paiement des seuls intérêts devient le poste budgétaire le plus exposé. La charge de la dette (Montant annuel des intérêts payés par l'État pour rémunérer ses emprunts, hors remboursement du capital.) atteindra 72,9 milliards d'euros en 2027 selon les prévisions de l'Agence France Trésor. Pour l'année 2026, cette facture atteint déjà 62,6 milliards d'euros. Elle dépasse de 3,3 milliards d'euros le montant voté en loi de finances initiale.

Ce renchérissement s'ajoute à un stock de dette publique (Ensemble des emprunts contractés par l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale.) élevé. À la fin du deuxième trimestre 2026, il atteignait 3 595,5 milliards d'euros, soit 119,0 % du PIB. Le taux moyen pondéré des émissions de l'État à moyen et long terme s'élève déjà à 3,55 % depuis début 2026, contre 3,14 % en 2025. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre, doit fixer le budget de l'État (Document financier prévoyant et autorisant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile.) avec une cible de déficit public de 5,0 % du PIB.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Taux d'intérêt »

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