Budget 2027 : le gel partiel des retraites en débat
David Amiel puis Roland Lescure ont ouvert le débat sur une moindre revalorisation de certaines retraites en 2027. Aucun seuil, taux ni texte n’est arrêté : la règle actuelle reste inchangée.
Le 31 juillet, David Amiel, alors ministre de l’Action et des Comptes publics, avait proposé d’ouvrir le débat sur l’indexation des retraites, des aides sociales et du barème de l’impôt pour le budget 2027. Le 14 août, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a relancé la discussion autour d’un gel partiel des retraites et d’une contribution accrue des retraités les plus aisés.
À ce stade, il ne s’agit ni d’un projet de loi ni d’une mesure adoptée. Aucun seuil de pension, taux de revalorisation, régime concerné, durée ou économie attendue n’a été publié. La règle actuelle reste donc inchangée.
La règle d'indexation reste en vigueur
Il ne s'agit ni d'un projet de loi ni d'une mesure adoptée. Franceinfo a rapporté cette déclaration de Roland Lescure le 14 août. Le ministre juge que la question d'un gel partiel des retraites doit être posée pour le budget 2027. Ni seuil de pension, ni durée, ni régime visé, ni économie attendue n'ont été publiés.
Pour les pensions de retraite de base, la règle actuelle reste l'indexation : leur revalorisation annuelle suit l'inflation (Hausse générale des prix qui réduit le pouvoir d'achat lorsque les revenus n'augmentent pas au même rythme.) hors tabac. Pour les régimes général et agricoles alignés, le coefficient est fixé chaque 1er janvier. Une loi de financement de la Sécurité sociale serait donc nécessaire pour déroger à cette règle.
Le précédent est récent : les pensions de base ont progressé de 0,9 % le 1er janvier 2026. Le projet initial de loi de financement de la Sécurité sociale prévoyait un gel. Cette disposition a été supprimée au Parlement. La loi finalement adoptée a maintenu la revalorisation prévue par la règle légale.
Après le pic de 2024, la revalorisation a reflué deux années de suite, à 0,9 % en 2026.LaBanque.org — données : Commission des comptes de la Sécurité socialeSource
Le mot « partiel » laisse tout à préciser
Un gel des pensions maintiendrait le montant versé sans revalorisation. Si les prix augmentent, le pouvoir d'achat (Le pouvoir d'achat mesure la quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, une fois l'évolution des prix prise en compte.) reculerait, sans baisse du montant nominal. La Commission des comptes de la Sécurité sociale anticipait en mai une référence d'inflation de 1,6 % pour janvier 2027. Cette prévision est révisable et ne vaut ni taux définitif ni annonce de gel.
Le terme « partiel » ne dit pas quels retraités seraient concernés. La déclaration ne précise pas si elle viserait seulement les pensions de base ou aussi les régimes complémentaires. En 2026, les régimes de base devraient verser 304,3 milliards d'euros de pensions nettes. Cet ordre de grandeur explique l'enjeu budgétaire, sans permettre de calculer une économie éventuelle.
Pour les salariés du privé, la pension totale associe généralement une retraite de base et la complémentaire Agirc-Arrco, dont la revalorisation suit ses propres règles. Les déclarations disponibles ne permettent pas d’affirmer que la complémentaire serait concernée.
Ce qu’il faut surveiller
Si le gouvernement retient cette piste, son périmètre devrait apparaître dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Le texte, attendu à l’automne, devra préciser les pensions visées, l’éventuel seuil et la dérogation à la règle légale d’indexation. Le dépôt du projet de loi de finances est normalement attendu au plus tard le 6 octobre 2026.
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