La Banque du Japon relève son taux à 1,25 %, un pic depuis 1995
La Banque du Japon a relevé son principal taux directeur à 1,25 %, son plus haut niveau depuis 1995. Ce relèvement de 25 points de base entend freiner des tensions inflationnistes nourries par le pétrole et la faiblesse de la devise. Sur le marché des changes, le yen a pourtant reculé après l'annonce.
La Banque du Japon (BoJ) a acté vendredi 18 septembre 2026 un tour de vis de 25 points de base (Unité de mesure financière où un point de base égale 0,01 point de pourcentage. Ainsi, 25 points de base correspondent à 0,25 %.). Son principal taux directeur (Taux fixé par une banque centrale pour prêter aux banques commerciales et orienter le coût global du crédit.) atteint désormais 1,25 %, un niveau inédit depuis plus de trois décennies. Applicables dès le 24 septembre, ces conditions fixent la facilité de dépôt à 1,25 % et le taux de prêt de base à 1,50 %.
Fait rare pour l'institution tokyoïte, la décision a été adoptée par 7 voix contre 2. Deux membres du conseil, Toichiro Asada et Ayano Sato, s'y sont opposés pour réclamer le maintien du taux à 1,00 %. Tous deux ont été nommés sous le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi, partisane d'un soutien budgétaire marqué.
Sur le marché des devises (Monnaies émises par des États étrangers ou des unions monétaires, échangées sur le marché international des changes.), ce durcissement a surpris les investisseurs. Le yen a glissé de 0,6 % face au dollar américain pour s'établir à 157 yens pour un dollar. Les cambistes ont immédiatement sanctionné la division interne du directoire, au lieu de saluer ce relèvement des taux d'intérêt (Prix payé par l'emprunteur pour disposer de capitaux, ou rémunération reçue par le prêteur pour son épargne.).
Taux directeur de la Banque du Japon fixé lors des réunions de politique monétaire de janvier 2024 à septembre 2026 (en %).LaBanque.org — données : Banque du JaponSource
Le pétrole et l'IA attisent la hausse des prix
Cette décision intervient alors que les banques centrales (Institutions publiques chargées de réguler la quantité de monnaie en circulation et d'assurer la stabilité des prix.) surveillent le retour des tensions sur les prix. Au Japon, l'inflation (Hausse généralisée et durable des prix des biens et services, qui entraîne une perte de pouvoir d'achat de la monnaie.) mesurée hors produits frais a atteint 1,7 % sur un an en août 2026, frôlant la cible officielle de 2,0 %. L'institut d'émission redoute désormais une surchauffe plus durable. Les cours mondiaux du pétrole (Matière première énergétique dont le prix mondial influence les carburants et les résultats des groupes producteurs.) brut ont en effet repassé la barre des 100 dollars le baril sous l'effet des tensions au Moyen-Orient.
La banque centrale pointe aussi un moteur industriel inédit. La demande mondiale liée à l'intelligence artificielle renchérit les composants et l'énergie, ce qui pèse lourdement sur les coûts de production. Deux jours plus tôt, la Réserve fédérale américaine (Fed) relevait son propre taux directeur entre 3,75 % et 4,00 %. Cet écart de rendement continue d'attirer les capitaux vers les États-Unis.
Sur les marchés, le rendement obligataire (Taux d'intérêt servi par une obligation d'État, reflétant le coût d'emprunt du pays sur les marchés financiers.) de l'emprunt d'État à dix ans a franchi 3,0 % début septembre 2026, un sommet depuis 1996. Pour Marcel Thieliant, chez Capital Economics, la BoJ « durcira sa politique plus rapidement que ne l'anticipent la plupart des observateurs ». La réunion des 29 et 30 octobre 2026 servira de test pour confirmer cette trajectoire.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Initialement prévue jusqu'au 30 septembre, l'indemnité carburant de 100 euros versée aux travailleurs modestes ne s'arrêtera pas à cette date. Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement confirme le maintien de ce soutien ciblé. Les nouvelles modalités seront arrêtées le 21 septembre.
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