L'État crée une prime jusqu'à 1 000 € pour sortir du gaz
Le gouvernement déploie le second volet de son plan d'électrification, dont une prime allant jusqu'à 1 000 € pour quitter le gaz. Réservée à des périmètres précis au sein de 109 territoires volontaires, cette aide n'ouvrira que d'ici mars 2027. Au 1er janvier 2027, le plan refond aussi les aides aux pompes à chaleur et soutient la recharge électrique à domicile.
Présenté le 15 octobre 2026 par la ministre déléguée chargée de l'Énergie Maud Bregeon, ce deuxième acte regroupe 17 mesures concrètes. Baptisé « L'énergie de notre pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, après prise en compte de l'évolution des prix.) », il mobilise surtout les certificats d'économies d'énergie (Dispositif obligeant les fournisseurs d'énergie à financer des primes de travaux ou d'équipements bas carbone pour les ménages et les entreprises.) (CEE), financés par les fournisseurs d'énergie. L'exécutif cible la bascule d'environ 300 000 logements du gaz vers l'électricité d'ici 2030, et l'équipement de 15 000 logements collectifs en 2027.
La France importe encore près de 60 milliards d'euros d'énergies fossiles par an, soit 60 % de sa consommation finale. Le plan entend ramener cette part sous les 30 % en 2035, tandis que l'électricité, décarbonée à 95 %, passerait de 27 % à 38 %. « Notre sécurité énergétique ne pouvait plus reposer sur les marchés des énergies fossiles », souligne Maud Bregeon.
Qui pourra toucher la prime et à quelle date ?
Seuls les ménages situés dans des « zones de sortie du gaz » tracées au sein des 109 territoires d'électrification (Collectivités volontaires désignées par l'État en septembre 2026 pour planifier d'ici 2030 le recul du fioul et du gaz ainsi que le déploiement des bornes électriques.) seront éligibles. Retenues en septembre 2026 parmi 196 candidatures, ces collectivités volontaires, dont la Métropole de Lyon, planifient le recul des énergies fossiles. La Corse est exclue de ce guichet, car elle bénéficie déjà d'un dispositif spécifique pour sortir du gaz de pétrole liquéfié.
Habiter l'une des 109 collectivités ne suffit pas : le logement devra figurer dans le périmètre précis de déconnexion arrêté localement. Chaque collectivité doit remettre sa feuille de route d'ici le 1er décembre 2026 au Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Les rues éligibles et le barème local — plafonné à 1 000 € par logement — seront fixés d'ici mars 2027, date d'ouverture de l'aide.
Dépose du compteur GRDF : les coûts et conditions
Couper son abonnement au gaz dès cet automne ferait perdre le bénéfice de la prime, qui ne sera pas rétroactive. Chez GRDF (Gaz Réseau Distribution France), filiale d'Engie qui alimente plus de 11 millions de clients, l'arrêt recouvre trois opérations distinctes. Une simple résiliation auprès du fournisseur interrompt le contrat mais laisse le compteur en place dans l'habitation.
Montage LaBanque.org (logo GRDF / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons) — Depuis le 1er juillet 2026, la dépose du compteur et l'obturation du branchement par GRDF sont gratuites lors de la résiliation, ou facturées 69,04 € TTC hors contrat.
Depuis le 1er juillet 2026, la dépose du compteur de gaz (Intervention de GRDF consistant à fermer le robinet d'arrivée, retirer le compteur et obturer la conduite de gaz.) en 5 jours ouvrés est gratuite (0 €) lors d'une résiliation. Demandée plus tard sans contrat en cours, cette même intervention de retrait et d'obturation est facturée 69,04 € TTC sous 21 jours ouvrés.
Troisième option, la suppression physique du branchement jusqu'à la canalisation de rue s'effectue sur devis au coût réel, après une première étude gratuite. Le gouvernement n'a pas encore précisé par arrêté si l'aide exigera une simple dépose ou ce retrait complet de la conduite. Tant que le branchement reste en place, reposer un compteur pour rouvrir l'accès au gaz coûte 22,55 € TTC.
Attention
Dans un logement chauffé individuellement au gaz, fermer le compteur impose d'abandonner tous les usages rattachés : chauffage, eau chaude et cuisson. Ce passage au tout-électrique nécessite souvent de relever la puissance souscrite au compteur électrique (en kilovoltampères, kVA).
Pompes à chaleur et fioul : le basculement de 2027
Au 1er janvier 2027, l'aide à l'installation d'une pompe à chaleur air/eau ou géothermique (en travaux par geste) basculera sur un guichet unique CEE. Cette suppression du double dossier MaPrimeRénov' et CEE raccourcira le délai d'octroi de plus de deux à trois mois. Tout dossier MaPrimeRénov' déposé avant le 31 décembre 2026 reste instruit selon les règles actuelles.
À partir de 2027, le versement de l'aide exigera l'installation d'un équipement pilotable (Appareil capable de décaler automatiquement sa consommation électrique vers les heures où le kilowattheure est le moins cher.), capable de chauffer en priorité durant les heures les moins chères. Ce pilotage intelligent permet d'économiser entre 150 et 200 € par an sur la facture d'électricité selon le gouvernement. Pour une maison de 90 m² située en zone climatique H1 (nord, est et centre), le soutien moyen s'établit ainsi :
Catégorie de revenus du foyer
Aide moyenne CEE au 1er janvier 2027
Ménages très modestes
11 500 €
Ménages modestes
8 400 €
Ménages aux revenus intermédiaires
7 650 €
Ménages aux revenus supérieurs
4 200 €
Sur l'hiver 2026-2027, chauffer une maison de 100 m² coûte en moyenne 2 300 € au fioul et 2 100 € au gaz. Avec une pompe à chaleur électrique, cette facture descend à 800 € par an, soit 1 300 € à 1 500 € d'économie annuelle.
Côté fioul, l'interdiction d'installer une chaudière neuve s'étendra avant le 1er mars 2027 aux modèles compatibles avec 30 % de biofioul. Fin novembre 2026, une enveloppe de 50 millions d'euros aidera 100 000 foyers chauffés au fioul dans les 109 territoires (dépose de cuve, chèques énergie).
Recharge à domicile et petits véhicules électriques
Sur le volet automobile, une prime CEE de 500 € financera à compter du 1er janvier 2027 l'installation d'une borne pilotable en maison individuelle. Ce pilotage abaisse le coût de charge jusqu'à 35 %, ramenant la dépense annuelle d'un conducteur type de 420 € à 270 €. Pour une recharge à domicile, ce coût reste « trois voire quatre fois moins élevé que le coût du carburant équivalent », rappelle Maud Bregeon.
Hors du domicile, toutes les bornes publiques devront délivrer un ticket de paiement détaillé à compter d'avril 2027. Les nouvelles bornes rapides de 50 kW et plus afficheront aussi le prix au kilowattheure et la puissance à cette échéance. Le parc existant de recharge rapide aura jusqu'en novembre 2027 pour se conformer à cette obligation d'affichage.
Dès le 1er janvier 2027, une aide jusqu'à 2 000 € ciblera les quadricycles électriques assemblés en Europe (catégories L6 et L7). Limités à 90 km/h avec quatre places et 150 kilomètres d'autonomie, ces petits modèles reviendront autour de 10 000 € aides déduites.
Pour les artisans et petites entreprises, une prime jusqu'à 11 000 € soutiendra l'achat de 20 000 utilitaires électriques européens en janvier 2027. Elle sera complétée le 1er février 2027 par 1 milliard d'euros de prêts bonifiés à 1,5 %, contre 3,7 % sur le marché.
Pour aller plus loin
Automobile — comprendre les règles et les démarches
Le gouvernement libère 10 millions de barils de réserves pour faire baisser le prix du gazole jusqu'à 18 centimes le litre dès le 1er novembre 2026. L'opération durera trois mois et s'appliquera directement à la pompe, mais exclut totalement l'essence.
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