Qonto abandonne l’hypercroissance pour viser la rentabilité
La fintech française Qonto tourne la page de la course aux volumes pour consolider ses marges financières. L'entreprise privilégie désormais la vente de services à ses clients actuels et la conquête de plus grandes sociétés, tout en attendant sa licence bancaire.
À l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux locaux parisiens le 23 septembre 2026, la direction de Qonto a officialisé une inflexion stratégique majeure. L’acteur des services financiers pour professionnels met fin à la course aux volumes pour se concentrer sur la rentabilité à long terme.
« On ne va pas à la course à l’hypercroissance (Phase de développement très rapide qui privilégie le volume d'utilisateurs au détriment de la rentabilité immédiate.) absolue, ce n’est plus notre objectif », a prévenu Philippine Rougevin-Baville. La directrice générale Europe de l'Ouest de Qonto acte ainsi la nouvelle priorité du groupe. Après des années d'expansion rapide financée par le capital-risque, l'heure est à la consolidation financière.
Des objectifs historiques revus sans date butoir
Qonto revendique aujourd'hui 750 000 clients dans huit pays européens, même si sa vitrine officielle affiche encore plus de 600 000 entreprises. Ce niveau représente 75 % de son objectif historique fixé à un million d'entreprises. Il manque ainsi encore 250 000 professionnels pour atteindre ce palier, mais la direction ne s'impose plus de calendrier resserré.
La trajectoire est comparable pour les effectifs internes. La société emploie actuellement 1 700 salariés, contre une cible initiale de 2 000 collaborateurs. Cet effectif correspond à 85 % de la prévision de départ, soit un décalage de 300 postes. Qonto stabilise désormais ses équipes pour mieux maîtriser ses coûts d'exploitation.
Cette discipline opérationnelle permet à l'entreprise d'écarter toute nouvelle levée de fonds. La direction affirme ne préparer aucune opération de financement à court terme, pas plus qu'une entrée en Bourse.
En chiffres
750 000 clients : parc revendiqué en septembre 2026, sur un million visé à l'origine.
1 700 salariés : effectif présent dans 8 pays européens, pour un objectif de 2 000.
92,8 millions d'euros : résultat net dégagé en 2025, en baisse de 35,7 % sur un an.
Des bénéfices en repli malgré la hausse des revenus
Cette recherche de rentabilité s'appuie sur une situation financière contrastée. Les comptes annuels de l'exercice 2025, déposés au registre du commerce le 24 juillet 2026, attestent que l'activité globale continue de progresser. Le produit net bancaire (Revenu global d'une activité financière, composé principalement des marges d'intérêts et des commissions perçues.) de la société a atteint 495,4 millions d'euros, affichant une progression de 10,4 % sur douze mois.
Les commissions constituent le principal moteur de cette dynamique. Alimentées par les abonnements mensuels et les transactions par carte, elles ont grimpé de 22 % pour s'établir à 317,6 millions d'euros. Les flux d'affaires restent soutenus auprès des indépendants et des petites entreprises.
En revanche, la rentabilité finale s'est nettement contractée. Le résultat net de l'exercice 2025 est ressorti à 92,8 millions d'euros, contre 144,4 millions d'euros en 2024. Cela représente un recul marqué de 35,7 %. L'entreprise demeure bénéficiaire, mais ce tassement des gains explique le recentrage immédiat sur la gestion des dépenses et la marge opérationnelle.
Que va changer ce virage pour les clients ?
Pour les professionnels titulaires d'un compte bancaire (Compte ouvert auprès d'un établissement financier pour gérer ses encaissements, paiements et opérations courantes.) chez Qonto, le virage se traduira par l'apparition de nouvelles offres payantes. Si les contrats en cours et la gestion courante restent inchangés, l'entreprise mise sur la vente croisée pour accroître ses revenus par utilisateur. Elle proposera des outils de facturation électronique, des modules de comptabilité avancés et des cartes supplémentaires.
En parallèle, l'acteur cherche à monter en gamme. L'entreprise a été créée en 2016 par Alexandre Prot et Steve Anavi pour les indépendants et très petites structures. Elle adapte désormais ses outils de gestion aux PME de plus grande taille. Ces structures présentent des besoins financiers plus complexes et génèrent des volumes de flux plus rémunérateurs.
La licence bancaire, clé pour prêter en direct
Pour élargir durablement son modèle économique, l'établissement s'attaque à une contrainte juridique majeure. Qonto opère actuellement avec le statut réglementaire d'établissement de paiement (Entité autorisée à fournir des services de paiement, mais limitée pour octroyer des crédits ou gérer des dépôts en propre.). Cette catégorie lui permet de gérer des flux de trésorerie, mais lui interdit de collecter librement des dépôts pour son propre compte.
Cette restriction pèse particulièrement sur l'octroi de crédit (Mise à disposition de fonds par un organisme prêteur, remboursables selon un échéancier convenu.). Pour proposer des financements ou des solutions d'épargne, la société doit s'associer avec des partenaires bancaires agréés. Pour lever ce verrou, Qonto a déposé une demande officielle de licence bancaire (Agrément d'établissement de crédit permettant de collecter des dépôts et de prêter des fonds sous contrôle prudentiel.) le 3 juillet 2025. Le dossier a été transmis à l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
L'obtention de cet agrément d'établissement de crédit transformerait la banque en ligne (Établissement financier dont l'ensemble des services et opérations s'effectuent à distance sur internet ou mobile.) en véritable banque à part entière. Elle pourrait alors distribuer des prêts professionnels et rémunérer des comptes en direct. La procédure suit toujours son cours auprès du régulateur financier, qui n'a fixé aucun calendrier public pour rendre sa décision.
Le taux d'emprunt de la France à dix ans a grimpé à 4,68 % ce jeudi 24 septembre 2026, son plus haut niveau depuis 2008. L'écart avec l'Allemagne s'étire à 111 points de base sur fond de crise budgétaire. Cette poussée renchérit les crédits immobiliers mais améliore le rendement de l'assurance-vie.
Les Bourses européennes s'orientent vers une ouverture dans le rouge ce 24 septembre 2026. Le baril de pétrole dépasse 102 dollars et les rendements obligataires flambent. Ce double choc ravive les craintes d'inflation et pèse sur les actions.
TotalEnergies et AMNI ont pris la décision finale d’investissement pour développer le champ gazier d’Ima, au large du Nigeria. Le projet doit alimenter l’extension de Nigeria LNG à partir de 2028 ; son coût est annoncé à 800 millions de dollars par la présidence nigériane, sans montant dans le communiqué du groupe.