Budget 2027 : le recul du PIB impose de nouveaux efforts
Le produit intérieur brut français s'est contracté de 0,1 % au troisième trimestre 2026 selon l'Insee. Ce coup d'arrêt réduit les rentrées fiscales attendues par l'État. Pour maintenir le déficit public à 5,0 % en 2027, le gouvernement annonce des économies et des recettes supplémentaires.
L'activité économique française ne redémarre pas à l'approche de la fin d'année. Selon la première estimation de l'Insee, le produit intérieur brut (PIB) a cédé 0,1 % au troisième trimestre 2026. Ce repli prolonge le recul du premier trimestre (-0,2 %) et la stagnation du deuxième (0,0 %). « L'économie française est à l'arrêt », a résumé le ministre de l'Économie Roland Lescure après cette publication.
Variations trimestrielles du produit intérieur brut français en volume (en %), du T1 2025 au T3 2026. Source : Insee.LaBanque.org — données : InseeSource
Le commerce extérieur explique l'essentiel de cette baisse en retirant 0,6 point de PIB sur le trimestre. Les exportations ont en effet chuté de 1,7 %, pénalisées par l'aéronautique et les matériels de transport. En parallèle, la consommation des ménages progresse de 0,4 %. L'investissement des entreprises recule toutefois de 0,6 % pour le troisième trimestre consécutif.
Un manque à gagner fiscal qui alourdit la facture
Après ces trois trimestres sans rebond, l'acquis de croissance (Croissance annuelle qui serait obtenue si l'activité économique restait strictement stable jusqu'à la fin de l'année.) pour l'année 2026 plafonne à 0,2 %. Ce résultat reste loin de la prévision de 0,5 % retenue par le ministère de l'Économie et des Finances pour bâtir son budget.
Or une croissance économique (Variation annuelle ou trimestrielle de la richesse produite dans un pays, mesurée par l'évolution du produit intérieur brut (PIB).) plus faible réduit mécaniquement les rentrées de fiscalité et de cotisations sociales. Cet écart de 0,3 point représente une perte de recettes publiques estimée entre 3 et 4 milliards d'euros.
La cible de 5 % de déficit maintenue malgré l'atonie
Devant l'Assemblée nationale, le ministre des Comptes publics David Amiel a pourtant écarté tout relâchement de la trajectoire financière. Le gouvernement maintient son objectif de ramener le déficit public (Écart négatif annuel entre les dépenses et les recettes de l'ensemble des administrations publiques (État, Sécurité sociale et collectivités).) de 5,4 % du PIB en 2026 à 5,0 % en 2027.
Le projet de loi de finances initial reposait déjà sur 43 milliards d'euros d'efforts, répartis entre économies et hausses de prélèvements. « Par rapport à ce qui a été déposé dans le texte initial nous allons devoir avoir davantage d'efforts budgétaires, pas moins. Davantage d'efforts en dépenses, davantage d'efforts en recettes », a averti David Amiel dans l'hémicycle.
L'équation parlementaire s'annonce d'autant plus tendue que les députés ont déjà voté des dépenses nouvelles, notamment pour la jeunesse et les lycéens. Le montant exact et la répartition des économies ou des recettes supplémentaires restent désormais à trancher lors des débats de novembre.
BNP Paribas, Crédit Agricole S.A. et Société Générale cumulent plus de 7,33 milliards d'euros de bénéfices nets au troisième trimestre 2026. Longtemps freinés par le stock de prêts à taux fixe, les réseaux français profitent du renouvellement des crédits et du repli du taux du Livret A.
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 1,25 % le 30 octobre 2026, son plus haut niveau depuis 1995. L'institution juge désormais sa cible d'inflation de 2 % atteinte et accélère la réduction de son portefeuille d'actions dès janvier 2027.
Le groupe Crédit Agricole a dégagé un bénéfice net en hausse de plus de 28 % au troisième trimestre 2026, à 2,78 milliards d'euros. Malgré des revenus records en banque d'investissement, l'action de son entité cotée a cédé 2,62 % à l'ouverture à Paris.