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Promesse de Trump aux citoyens américains — façade ouest du Capitole à Washington, drapeaux américains et passants sur l'esplanade au soleil de fin d'après-midi.
Bourse

Trump promet 5 000 dollars aux citoyens américains adultes

Donald Trump promet 5 000 dollars à chaque citoyen américain adulte si les républicains gardent les deux chambres du Congrès. Aucun paiement n'est adopté : une loi, un financement et des critères précis restent à définir.

Par Julien Marchal4 min de lecture
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Une promesse suspendue au vote et à la loi

Le président américain Donald Trump a présenté à Dallas, le 9 septembre, un « Trump dividend » de 5 000 dollars par citoyen américain adulte. Le versement est conditionné à la conservation par les républicains de la Chambre des représentants et du Sénat lors des élections de mi-mandat (Élections fédérales organisées au milieu du mandat présidentiel, qui renouvellent toute la Chambre et une partie du Sénat.) du 3 novembre 2026.

Le mot « dividende » peut prêter à confusion. Dans le langage des entreprises, il désigne une somme versée aux actionnaires. Ici, il s'agit d'une promesse de paiement public à des citoyens adultes, et non d'un revenu lié à la détention d'actions. Trump a aussi déclaré que l'argent devrait être dépensé aux États-Unis.

À ce jour, il ne s'agit ni d'une aide votée ni d'un paiement en préparation. Aucun projet de loi, aucune source de financement, aucune date de versement et aucune procédure d'attribution n'ont été rendus publics. La promesse politique fixe donc un objectif, pas un droit acquis.

Qui pourrait réellement recevoir les 5 000 dollars ?

La réponse n'est pas connue, car le public visé n'est pas encore défini dans un texte. Le discours évoque chaque citoyen adulte, mais le vice-président J. D. Vance a ensuite laissé entendre que les personnes aisées pourraient être écartées. Aucun seuil de revenus n'a été annoncé.

Cette précision change l'ordre de grandeur et empêche de chiffrer précisément le dispositif. Elle laisse aussi sans réponse la situation des personnes dont la citoyenneté, la résidence ou les revenus ne correspondraient pas aux critères finalement retenus. De même, l'obligation annoncée de dépenser la somme aux États-Unis ne s'accompagne d'aucun mécanisme de contrôle ou de sanction connu.

Le Congrès détient la clé du paiement

Même en cas de victoire républicaine dans les deux chambres, le président ne pourrait pas déclencher seul les versements. La Constitution américaine exige une appropriation budgétaire (Loi par laquelle le Congrès autorise le Trésor américain à dépenser une somme pour un objectif précis.) : une loi par laquelle le Congrès autorise le Trésor à dépenser une somme pour un objectif précis.

Il faudrait donc, après l'élection, qu'un texte soit adopté par le Congrès et qu'il prévoie les crédits nécessaires. Cette étape peut aussi fixer le nombre de bénéficiaires, les éventuelles exclusions et le mode de paiement. La condition électorale annoncée est ainsi la première d'une série d'étapes, pas la dernière.

Un vote favorable ne réglerait pas à lui seul les choix budgétaires. Le texte devrait indiquer la somme autorisée, son affectation et l'organisme chargé de la verser. C'est à ce stade que le « chaque citoyen adulte » du discours devrait être traduit en critères applicables, avec leurs éventuelles exceptions.

Un coût indicatif proche du déficit fédéral prévu

Pour mesurer l'échelle du projet, le Census Bureau estimait à 269 763 509 le nombre d'adultes résidents aux États-Unis au 1er juillet 2025. Multiplier cette population par 5 000 dollars aboutit à environ 1 349 milliards de dollars. Ce calcul constitue un plafond indicatif : il inclut tous les adultes résidents, alors que la promesse concerne les citoyens et pourrait exclure les plus aisés.

Cet ordre de grandeur représente environ sept dixièmes de la projection de déficit fédéral de 1 900 milliards de dollars publiée en février par le Congressional Budget Office pour l'exercice 2026. Le déficit désigne l'écart prévu entre les dépenses et les recettes fédérales sur l'année. La comparaison ne dit pas comment le versement serait financé, puisque ce point n'a pas été précisé. Elle montre néanmoins pourquoi les modalités budgétaires pèseraient autant que la promesse elle-même dans tout débat au Congrès.

La promesse ne pourra donc être évaluée concrètement qu'après la définition d'un texte, de ses bénéficiaires et de son financement. Avant cela, les 5 000 dollars annoncés restent conditionnés à la fois au scrutin du 3 novembre et au vote ultérieur du Congrès.

Sources

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