Assurance-vie : les candidats promettent le statu quo fiscal
Invités aux Assises de l’Afer, sept candidats et représentants à l'élection présidentielle de 2027 ont promis de préserver le régime fiscal de l’assurance-vie. Ce consensus de tribune écarte tout prélèvement sur l’épargne, mais masque de profondes divergences sur les donations et la retraite.
Un front commun pour préserver le contrat d'épargne
Le 29 septembre 2026, la dixième édition des Assises de l’Afer réunissait sept responsables politiques à Paris. David Lisnard, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand, Jérôme Guedj, Édouard Philippe et Jean-Philippe Tanguy, pour Marine Le Pen, ont pris la parole. Gérard Bekerman leur a demandé de « ne jamais toucher à l’épargne (Part des revenus non consommée, mise en réserve pour financer des projets futurs, faire face aux imprévus ou valoriser un capital.) préférée des Français ». Tous ont exclu de ponctionner les ménages ou de modifier le cadre fiscal du placement.
Cette promesse unanime vise un placement au poids financier colossal. Fin juillet 2026, l'encours total des contrats d’assurance-vie (Contrat d'épargne permettant d'investir sur des fonds en euros ou en unités de compte et de transmettre un capital avec un cadre fiscal spécifique.) atteignait 2 174 milliards d'euros, en hausse de 6,3 % sur un an. Depuis janvier, la collecte nette cumulée s'élevait à 41,3 milliards d'euros. Les unités de compte (Supports d'investissement d'une assurance-vie dont la valeur fluctue selon les marchés financiers, sans garantie de capital par l'assureur.), ces supports non garantis en capital, en ont capté 31,3 milliards, contre 10,0 milliards d'euros pour les fonds en euros.
Des fractures sur la succession et la retraite
Le régime de l’assurance-vie sanctuarise son abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans. Au-delà, la taxation reste fixée à 20 % puis 31,25 %. En revanche, la fiscalité générale de la transmission divise les prétendants. Édouard Philippe propose ainsi de doubler les abattements sur les donations familiales.
Ce plafond atteint aujourd'hui 100 000 euros par enfant et 31 865 euros par petit-enfant. À l'opposé, Jérôme Guedj souhaite alourdir les droits sur chaque succession (Transmission du patrimoine d'un défunt à ses héritiers, encadrée par le Code civil et soumise aux droits fiscaux de succession.) supérieure à 2 millions d'euros. Selon son chiffrage, cette mesure rapporterait 10 milliards d'euros par an pour financer l'autonomie.
L'avenir de la retraite (Période de cessation d'activité professionnelle financée par les régimes obligatoires par répartition et des solutions d'épargne individuelle.) suscite des désaccords tout aussi marqués. David Lisnard défend une capitalisation obligatoire à terme. Gabriel Attal suggère de créer un plan d'épargne retraite dès la naissance. Jérôme Guedj refuse pour sa part toute entorse au système par répartition.
Ces promesses politiques ne modifient pas les règles fiscales en vigueur, qui relèvent des seules lois de finances. Dès le 1er octobre 2026, la présentation du projet de budget 2027 permettra de vérifier si cette bienveillance résiste aux arbitrages gouvernementaux.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les avoirs déjà déposés à la Caisse des dépôts. Les comptes actifs ne sont pas concernés ; le texte prévoit la restitution intégrale des sommes réclamées par leurs titulaires ou ayants droit, intérêts compris.
Les assureurs français orientent à nouveau massivement leurs investissements vers les obligations pour capter des rendements plus élevés. Ce mouvement renforce la rémunération des portefeuilles, mais sa répercussion sur les fonds en euros de l'assurance-vie prendra plusieurs années.
Le taux d'emprunt de la France à dix ans a grimpé à 4,68 % ce jeudi 24 septembre 2026, son plus haut niveau depuis 2008. L'écart avec l'Allemagne s'étire à 111 points de base sur fond de crise budgétaire. Cette poussée renchérit les crédits immobiliers mais améliore le rendement de l'assurance-vie.
La Fédération bancaire française rejette fermement le projet de porter le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Proposée pour financer la transition climatique, cette mesure profiterait avant tout aux ménages les plus aisés selon les établissements financiers.
Dans une note thématique, la Cour des comptes préconise de soumettre à l'impôt les intérêts générés au-delà du plafond du Livret A. Cette piste cible les 15 % de comptes gonflés par les gains passés, sans toucher aux versements sous le seuil légal.
Le Livret A a enregistré une collecte nette de 460 millions d’euros en août 2026. Ce rebond coïncide avec la hausse de son taux à 1,7 %, mais ne suffit pas à effacer les 5,40 milliards d’euros de retraits nets accumulés depuis janvier.