Le Brent, référence du pétrole en Europe, a bondi de 5 % et s'est rapproché de 100 dollars le baril jeudi 23 juillet, après des attaques en mer Rouge rapportées par Le Figaro. Pour les automobilistes français, ce mouvement remet les prix à la pompe sous pression ; sa transmission dépend désormais de sa durée, du raffinage et de l'euro face au dollar.
La France dépend à 99 % des importations pour sa consommation de pétrole. Cette dépendance explique la sensibilité du marché français aux tensions sur les routes maritimes et aux cours mondiaux, même lorsque les stations disposent encore de produits déjà achetés et livrés.
Le baril ne dicte pas seul le prix du litre
Entre le Brent et un plein, le pétrole est d'abord transformé en essence ou en gazole. Les cotations de ces produits raffinés, le coût du raffinage, puis l'acheminement jusqu'à la station s'ajoutent au prix du brut. Le ministère de la Transition écologique cite aussi la fiscalité parmi les composantes du prix payé par l'automobiliste.
Le prix affiché varie donc aussi selon la concurrence locale et les marges de distribution. Une hausse du pétrole peut être amplifiée lorsque les produits raffinés deviennent rares ; elle peut aussi être en partie absorbée par le recul du dollar ou par une détente des marges de raffinage.
La hausse se transmet avec un décalage
Les stations vendent des carburants issus de cargaisons achetées avant le mouvement du jour. Les opérateurs répercutent ensuite leurs nouveaux coûts au fil des livraisons, avec une vitesse qui diffère selon leurs stocks et leur politique commerciale. La base publique française suit précisément des prix moyens hebdomadaires, relevés le vendredi, tandis que le Brent y correspond à une moyenne des cours quotidiens du vendredi au jeudi.
Cette mécanique compte dans le contexte actuel : le Brent daté avait déjà atteint en moyenne 103 dollars en mars 2026, puis 117 dollars en avril, lors des difficultés de circulation dans le détroit d'Ormuz. Le prix d'un baril proche de 100 dollars constitue donc un retour vers un niveau déjà rencontré cette année, plutôt qu'un seuil inédit pour le marché français.
Le scénario dépend de la durée des perturbations
Un accès maritime durablement perturbé renchérit le fret, l'assurance et les délais de livraison. Il entretient aussi une prime de risque dans les cours : les acheteurs paient davantage afin de sécuriser leurs approvisionnements avant que les volumes physiques ne viennent réellement à manquer.
À l'inverse, un apaisement rapide peut faire refluer cette prime. Dans son rapport de juillet, l'Agence internationale de l'énergie relevait que la reprise des flux de pétroliers hors du golfe Persique avait fait retomber le brut de référence de la mer du Nord à 68 dollars au début du mois, avant un rebond lié à la reprise des hostilités. Les marchés regardent donc autant la circulation effective des navires que les annonces militaires.
Une facture déjà sensible aux tensions mondiales
La comparaison avec 2025 donne l'ordre de grandeur du changement de régime : le Brent daté avait alors atteint 69 dollars en moyenne annuelle, selon le service statistique du ministère. Un cours proche de 100 dollars représente une hausse d'environ 45 % par rapport à cette moyenne, avant même les écarts de change et de raffinage.
Pour un budget carburant, l'évolution pertinente se lira dans les relevés des prochaines semaines plutôt que dans la seule cotation d'une séance. Les prix seront d'abord visibles sur les panneaux des stations.
Sources
- Pétrole : le Brent bondit de 5 % et s'approche des 100 dollars après des attaques en mer Rouge — Le Figaro, consulté le 23/07/2026.
- Prix des produits pétroliers — Ministère de la Transition écologique, consulté le 23/07/2026.
- Les prix des produits pétroliers poursuivent leur baisse en 2025 avant un rebond début 2026 — Service des données et études statistiques, consulté le 23/07/2026.
- Oil Market Report - July 2026 — Agence internationale de l'énergie, consulté le 23/07/2026.



