TotalEnergies profite du pétrole cher et du raffinage
TotalEnergies a dégagé 6,0 milliards de dollars de résultat net ajusté au deuxième trimestre, en hausse de 67 % sur un an. Le pétrole cher lié au conflit au Moyen-Orient et les marges de raffinage ont nourri ce bond, tandis que le groupe reconduit un plafond dans ses stations françaises.
Le bond des résultats de TotalEnergies montre comment un choc pétrolier se diffuse dans un groupe intégré : il renchérit le brut extrait, dope les marges des raffineries et alimente les activités de négoce. Au deuxième trimestre, le résultat net ajusté (Indicateur de bénéfice qui retire certains éléments exceptionnels afin de mieux refléter l'activité courante.) part du groupe atteint 6,027 milliards de dollars, contre 3,607 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 67 %.
Le chiffre publié jeudi résulte d'un environnement de prix élevé associé au conflit au Moyen-Orient. Il dépasse aussi le niveau du premier trimestre, lorsque le résultat net ajusté s'était établi à 5,394 milliards de dollars. La progression s'inscrit dans la continuité du printemps, avec un groupe qui a continué à capter la hausse des prix.
Trois moteurs dans le même groupe
Un producteur de pétrole (Matière première énergétique dont le prix mondial influence les carburants et les résultats des groupes producteurs.) bénéficie directement d'un baril plus cher lorsqu'il vend sa production. TotalEnergies possède aussi des usines qui transforment le brut en carburants, ainsi que des équipes de négoce qui achètent et vendent pétrole, gaz et produits raffinés. Cette diversité explique que la flambée des prix pèse à la fois sur les consommateurs d'énergie et améliore les comptes du groupe.
Le raffinage a particulièrement contribué au trimestre. Les perturbations d'approvisionnement ont soutenu l'écart entre le prix des carburants vendus et celui du pétrole acheté, autrement dit la marge de raffinage (Écart entre la valeur des carburants produits par une raffinerie et le coût du pétrole brut et de sa transformation.). TotalEnergies indique aussi que le négoce de pétrole et de produits pétroliers est resté à un niveau élevé.
La production physique compte également. Le groupe anticipait une croissance organique de sa production d'hydrocarbures sur le trimestre, malgré les répercussions du conflit dans une partie de ses actifs du Moyen-Orient. Ses nouveaux projets, situés en grande partie hors de cette zone, lui permettent de vendre davantage de barils lorsque les cours montent.
Un cash-flow qui renforce la capacité financière
La marge brute d'autofinancement, qui mesure les liquidités tirées de l'activité avant les variations de stocks et de créances, a atteint 9,804 milliards de dollars au deuxième trimestre. Elle progresse de 14 % par rapport au trimestre précédent. Cette somme sert à financer les investissements, à réduire la dette ou à rémunérer les actionnaires.
Le groupe a autorisé jusqu'à 1,5 milliard de dollars de rachats d'actions (Titres qui représentent une fraction du capital d'une entreprise cotée.) au troisième trimestre. Dans un rachat d'actions, l'entreprise acquiert ses propres titres ; le nombre d'actions en circulation diminue, ce qui concentre la part de chaque actionnaire dans le capital. Pour les marchés, le résultat du trimestre compte donc autant que la capacité à conserver cette politique si les cours du pétrole se replient.
Les résultats restent très sensibles au prix des hydrocarbures. Selon les estimations publiées par TotalEnergies pour 2026, une variation de 10 dollars du prix moyen de vente de ses liquides fait varier d'environ 2,8 milliards de dollars sa marge brute d'autofinancement annuelle. La comparaison donne la mesure de l'exposition : les bons résultats actuels reposent aussi sur un marché dont le prix peut s'inverser rapidement.
Le plafond à la pompe relie l'annonce aux ménages
À la veille de cette publication, TotalEnergies a rétabli dans son réseau français un plafond de 1,99 euro par litre pour l'essence et de 2,25 euros pour le diesel, pendant la durée du conflit au Moyen-Orient. Ce plafond fixe un prix maximal dans les quelque 3 300 stations de l'enseigne en France ; le tarif peut être inférieur selon la station.
La mesure limite une partie de l'effet du pétrole cher pour les automobilistes qui se fournissent dans ce réseau. Elle illustre aussi le contraste du trimestre : l'augmentation du coût du brut alourdit le budget carburant, alors que la même hausse nourrit les revenus d'un groupe présent de l'extraction jusqu'à la distribution.
Ce que le marché regardera ensuite
Les investisseurs suivront d'abord la durée du niveau élevé des cours du pétrole et des marges de raffinage. Ils regarderont aussi l'exécution des investissements et la continuité des rachats d'actions annoncés pour le troisième trimestre. Les résultats de TotalEnergies dépendront encore largement de ces prix mondiaux.
En juin, Roole Data estime le budget mensuel d’énergie d’une voiture essence à 137 €, contre environ 46 € pour une électrique. Cette comparaison ne porte ni sur le prix d’achat ni sur les autres frais du véhicule.
Le prix moyen national du diesel a atteint 5,85 dollars le gallon aux États-Unis, un record dans la série quotidienne de l'AAA. Cette hausse touche d'abord le fret et les livraisons, avec un possible effet différé sur le coût des produits transportés.
Un prix proche de 2,40 euros le litre est évoqué par Michel-Édouard Leclerc comme un scénario de préparation. Le gazole s'établissait en moyenne à 2,246 euros vendredi matin. Des aides existent, mais elles ne concernent pas tous les automobilistes.
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