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Budget 2027 français — dossiers budgétaires ouverts, micros et pupitres dans une salle institutionnelle française.
Fiscalité

Budget 2027 : le Haut Conseil juge l’effort trop limité

Le Haut Conseil des finances publiques juge optimiste la croissance de 2027 et trop limitée la baisse du déficit. Le projet prévoit 43 milliards d’euros de mesures nouvelles, mais l’effort structurel évalué par le Conseil atteint environ 28 milliards. La dette continuerait d’augmenter.

Par Paul Vidal4 min de lecture
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Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a publié son avis le 1er octobre, le jour de la présentation du projet de budget (Prévision et autorisation des recettes et des dépenses publiques pour une période donnée.) 2027. Il valide la prévision de croissance de 0,5 % pour 2026, mais juge optimiste celle de 1 % retenue pour 2027. Les organismes auditionnés tablent plutôt sur une croissance comprise entre 0,7 % et 0,9 %.

Le Conseil ne se prononce pas sur le vote final du budget. Il vérifie si les hypothèses économiques et les recettes annoncées rendent la trajectoire crédible avant son examen par le Parlement.

Une baisse du déficit encore limitée

Le gouvernement prévoit un déficit public (Situation où l’ensemble des administrations publiques dépense plus qu’il ne perçoit sur une année.) de 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, puis de 5 % en 2027. Cette amélioration de 0,4 point reste modeste au regard du redressement annoncé pour les années suivantes. Le HCFP estime que l’objectif affiché pour 2027 constitue « un minimum au regard de la situation alarmante des finances publiques ».

Le projet annonce 43 milliards d’euros de mesures nouvelles : 18 milliards de recettes supplémentaires et 25 milliards de dépenses en moins par rapport à une trajectoire à politique inchangée. Le gouvernement présente par ailleurs un effort total de redressement de 54 milliards d’euros.

Ces montants ne décrivent pas la même réalité. Les 43 milliards comparent le projet à un scénario dans lequel certaines dépenses et mesures déjà prévues continuent de produire leurs effets. L’effort structurel (Part de l’amélioration des comptes due aux décisions durables sur les recettes et les dépenses, hors conjoncture.) mesure, lui, l’amélioration durable des comptes liée aux décisions sur les recettes et les dépenses, indépendamment de la conjoncture. Le HCFP l’évalue à environ 28 milliards d’euros, soit 0,9 point de PIB, dont 17 milliards de recettes et 11 milliards de dépenses. Ces deux montants ne doivent donc pas être additionnés ni lus comme deux économies réalisées sur l’année.

À retenir

  • Le déficit public passerait de 5,4 % du PIB en 2026 à 5 % en 2027.
  • L’effort structurel évalué par le HCFP atteint environ 28 milliards d’euros, selon une méthode différente du chiffrage gouvernemental.
  • La trajectoire vers un déficit inférieur à 3 % en 2029 reste conditionnée aux textes qui seront effectivement adoptés.

Pourquoi la dette augmente malgré l’effort annoncé

La dépense publique progresserait de 2,3 % en valeur en 2027, soit 41 milliards d’euros, et de 0,6 % en volume. Les principales hausses concerneraient la charge d’intérêts (Somme payée chaque année aux créanciers de l’État et des administrations publiques au titre des emprunts accumulés.), les retraites, la défense et la santé. Les dépenses nettes (Agrégat européen de dépenses contrôlables, qui exclut notamment la charge d’intérêts de la dette.), l’agrégat européen des dépenses contrôlables qui exclut notamment les intérêts de la dette, augmenteraient toutefois de 0,7 %, sous le plafond annuel recommandé de 1,2 %.

La charge d’intérêts passerait de 79,2 milliards d’euros en 2026 à environ 91 milliards en 2027. Cette somme versée aux créanciers de l’État et des administrations publiques au titre des emprunts accumulés absorbe une partie de l’amélioration attendue sur les autres dépenses. Une inflation (Hausse générale et durable des prix payés par les ménages.) supérieure d’un point ajouterait environ 3 milliards d’euros à cette charge la même année, selon le chiffrage gouvernemental repris par le HCFP.

Le ratio dette/PIB (Dette publique rapportée à la richesse produite en un an ; il mesure le poids relatif de l’endettement.), qui rapporte la dette publique (Ensemble des emprunts accumulés par l’État, les collectivités et la Sécurité sociale.) à la richesse produite en un an, atteindrait ainsi 119,3 % en 2026 puis 121,7 % en 2027. Le déficit reste suffisamment élevé pour faire progresser la dette, tandis que le coût du refinancement pèse davantage sur les comptes.

Budget 2027 et déficit public français de 2025 à 2029 : après une dégradation en 2026, la trajectoire prévoit une amélioration limitée en 2027 puis plus rapide jusqu’en 2029.
La trajectoire prévoit une baisse du déficit après 2026, avec une amélioration plus rapide à partir de 2028.LaBanque.org — données : Haut Conseil des finances publiquesSource

La trajectoire dépend encore du Parlement

Le projet vise un déficit de 3,9 % du PIB en 2028, puis de 2,8 % en 2029. Le HCFP juge cette trajectoire très peu vraisemblable sans conjoncture très favorable : elle supposerait encore environ un point d’ajustement structurel par an en 2028 et 2029.

Le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été présentés le 1er octobre. Les mesures de fiscalité et de dépenses restent donc soumises au vote du Parlement et, pour certaines, à des textes réglementaires. Le budget 2027 n’est pas encore adopté.

La loi de programmation des finances publiques (LPFP (Loi de programmation qui fixe une trajectoire pluriannuelle des comptes publics, sans constituer le budget annuel.)), qui fixe une trajectoire pluriannuelle sans être le budget annuel, prévoyait pour 2027 un solde structurel de -2,7 % du PIB potentiel. La prévision désormais présentée atteint -4,2 %. Le HCFP considère ainsi que la trajectoire actuelle de la LPFP n’est plus opératoire.

Le prochain point de passage est l’examen parlementaire des deux textes financiers. Leur contenu définitif déterminera si les 43 milliards d’euros annoncés correspondent bien aux mesures finalement applicables en 2027.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Dette publique »

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