Déficit public : l'exécutif fixe la cible à 5 % pour 2027
Le gouvernement fixe pour 2027 un objectif de déficit public à 5 % du PIB, après un atterrissage révisé à 5,4 % en 2026. Cette trajectoire repose sur 54 milliards d'euros d'économies de dépenses, dont 6 milliards demandés aux fonctionnaires et aux retraités.
Dans un entretien accordé à l'AFP le 17 septembre 2026, le ministre de l'Économie Roland Lescure a détaillé le cadrage du budget 2027. Le projet de loi de finances sera présenté en Conseil des ministres le 30 septembre 2026 avant l'ouverture des débats à l'Assemblée nationale début octobre. L'exécutif entend concentrer son action sur la seule dépense publique pour éviter de relever les impôts des ménages.
L'enveloppe globale d'économies atteint 54 milliards d'euros. Sur ce montant, 6 milliards d'euros sont demandés aux fonctionnaires et aux bénéficiaires d'une pension de retraite (Pension financière versée régulièrement à un ancien travailleur ayant cessé son activité après avoir cotisé.). Le solde de 48 milliards d'euros sera absorbé par les ministères, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales. « Vous voyez bien qu'il en reste 48 et que ceux-là, ce sera pour les autres », a fait valoir le ministre pour relativiser l'effort ciblé.
Pour les entreprises, le gouvernement prévoit en revanche un allègement de prélèvements. Le rendement de la surtaxe sur les sociétés (Prélèvement fiscal exceptionnel appliqué aux grandes entreprises au-delà du taux standard d'impôt sur les sociétés.) passera de près de 8 milliards d'euros en 2026 à 5 milliards d'euros en 2027. Le crédit d'impôt recherche (Dispositif fiscal déduisant de l'impôt d'une entreprise une partie de ses dépenses de recherche et développement.) est quant à lui intégralement maintenu pour soutenir l'innovation.
Une trajectoire scrutée par les créanciers
Sur sept intervalles de 2020 à 2027, la série enregistre quatre baisses et trois hausses. Source : Insee & Ministère de l'Économie.LaBanque.org — données : Insee & Ministère de l'ÉconomieSource
La discipline budgétaire vise d'abord à rassurer les créanciers qui financent la dette publique (Ensemble des engagements financiers et emprunts contractés par l'État et les administrations publiques.) française. L'exécutif cherche à stabiliser la charge des intérêts face à la vigilance des agences de notation. L'objectif est aussi de contenir l'écart de taux souverain avec l'Allemagne.
Selon les comptes de l'Insee, le déficit public (Besoin de financement annuel de l'ensemble des administrations publiques lorsque leurs dépenses dépassent leurs recettes.) s'établissait à 5,1 % du PIB en 2025. Le gouvernement espérait atteindre 5 % dès 2026, mais a révisé sa prévision à 5,4 %. Cette révision reporte la cible de 5 % à l'exercice 2027. Sur les sept intervalles observés entre 2020 et 2027, la trajectoire compte quatre baisses et trois hausses.
Roland Lescure assume cette rigueur inédite sur les dépenses de l'État. Selon le ministre, ces réductions sans précédent doivent prouver aux marchés financiers que la France traite avec sérieux le redressement de ses comptes.
La dette publique de l'Espagne est retombée à 99,9 % du PIB en juillet 2026. Ce seuil symbolique n'avait plus été franchi depuis février 2020. Portée par une croissance solide, Madrid emprunte désormais à dix ans à de meilleures conditions que la France.
Le rendement des obligations américaines à dix ans a brièvement franchi 5 % le 14 septembre. La référence quotidienne du Trésor est toutefois restée à 4,97 %. La décision de la Réserve fédérale est attendue le 16 septembre.
Le gouverneur de la Banque de France a jugé le 11 septembre qu’annuler une partie de la dette française serait « illégal, dangereux et inutile ». Le scénario vise des titres détenus par la banque centrale, pas un défaut envers tous les créanciers. Le droit européen et l’organisation de l’Eurosystème en font un mécanisme très encadré.
Dès le 13 octobre 2026, Airbnb prélève une commission unique de 15,5 % à la charge exclusive des hôtes. Pour conserver leur gain net, les propriétaires augmentent souvent leur tarif affiché. Mais le fisc et l'Urssaf calculent leurs seuils sur le chiffre d'affaires brut facturé : cette hausse faciale rapproche mécaniquement les loueurs des plafonds du micro-BIC et des cotisations sociales.
Les garants de la conférence Travail, Emploi, Retraites proposent de conserver l'âge légal de départ. Leur rapport ne modifie aucune règle. L'âge d'équilibre évoqué n'est assorti d'aucun paramètre.
Remis le 16 septembre, le rapport de la conférence Travail, Emploi, Retraites ne modifie aucune règle. Il met toutefois sur la table un âge d’équilibre, une règle d’or et une place accrue de la capitalisation.