La facture d'énergie pèse lourd pour 86 % des foyers
Le médiateur national de l'énergie publie, ce 3 novembre 2026, la 20e édition du baromètre énergie-info. Pour 86 % des foyers, la facture pèse de façon importante, au plus haut depuis 2007. 34 % ont eu du mal à payer certaines factures, et 65 % ont souffert de la chaleur chez eux.
En 2020, 71 % des foyers jugeaient déjà le poids de leurs factures important. La part passe à 79 % en 2021. En 2022, elle atteint 82 %. Les années suivantes affichent 84 % en 2023, 82 % en 2024, 85 % en 2025 et 86 % en 2026.
La synthèse qualifie le passage de 85 % à 86 % de stabilité. Ce niveau est le plus haut de la série ouverte en 2007.
En 2007, la part était de 62 %. Le creux date de 2016, à 56 %. Jusqu'en 2019, elle reste entre 56 % et 67 %.
Depuis 2020, le questionnaire est uniquement en ligne. Pour 2019, la courbe retient 63 %. Une vague en ligne, la même année, donnait 78 %.
Part des foyers qui jugent que leurs factures d'énergie pèsent de façon importante dans le budget.LaBanque.org — données : Médiateur national de l'énergieSource
Le baromètre énergie-info existe depuis 2007. Pour cette 20e édition, l'agence Mantu a interrogé 2 000 foyers de France métropolitaine, en ligne, du 2 au 15 septembre 2026. C'est la huitième année consécutive sous ce mode.
La consommation d'énergie préoccupe 89 % des foyers. Cette part est stable par rapport à 2025. Elle était déjà la même en 2022 et en 2023. Les très préoccupés gagnent 3 points et passent à 38 %.
Ceux qui jugent le poids des factures très important sont 31 %, en hausse de 3 points. Chez les foyers modestes (Dans ce baromètre, les 30 % de foyers aux revenus les plus bas, une fois la taille du ménage prise en compte.), les ouvriers et les 35-44 ans, 91 % jugent ce poids important.
Payer reste plus dur qu'en 2020
34 % des foyers ont eu du mal à payer certaines factures d'électricité ou de gaz sur douze mois. C'était 36 % en 2025 et 18 % en 2020. Le repli de deux points ne ramène pas au niveau de 2020.
Les commerçants sont 77 % à déclarer ces difficultés, les moins de 35 ans 55 % et les foyers modestes 47 %. L'effectif des commerçants dans l'échantillon n'est pas publié. Ces difficultés sont systématiques pour 10 % des foyers, et pour 22 % des moins de 35 ans.
Moins de chauffage, autant de froid
72 % des foyers ont restreint le chauffage pour éviter une facture trop élevée, contre 53 % en 2020. L'écart est de 19 points. La synthèse note un léger recul ces dernières années. La proportion reste de 78 % chez les moins de 35 ans et chez les foyers modestes.
35 % des foyers ont eu froid au moins 24 heures l'hiver dernier, comme en 2025. En 2020, ils étaient 14 %. Sur les 682 foyers qui ont eu froid, 38 % ont limité le chauffage pour la dépense. Parmi ces 682 foyers, 35 % citent une mauvaise isolation et 7 % une coupure pour facture impayée.
Le basculement de 2026 se joue l'été
Après l'été 2026, 65 % des foyers ont souffert de la chaleur au moins 24 heures. La part gagne 16 points sur un an et 23 points sur deux ans. Elle dépasse les 59 % de 2022 et les 51 % de 2020.
Parmi les foyers qui ont eu trop chaud, 87 % invoquent la canicule et 28 % une mauvaise isolation. À l'échelle de tous les ménages, 28 % ont subi à la fois le froid et la chaleur. Cette double exposition gagne 5 points en un an et 11 points en deux ans.
Après l'été 2026, 65 % des foyers disent avoir souffert de la chaleur au moins 24 heures chez eux.
Les moins de 35 ans sont plus exposés. 53 % ont eu froid au moins 24 heures, contre 35 % de l'ensemble. La chaleur en touche 70 %, en hausse de 22 points sur un an, contre 65 % pour l'ensemble. Les locataires sont 71 % à avoir souffert de la chaleur.
Chez les bénéficiaires du chèque énergie (Aide versée sous condition de ressources pour payer une facture d'électricité, de gaz ou de combustible de chauffage.), 52 % ont eu froid, après 59 % en 2025. 75 % ont souffert de la chaleur. 46 % ont subi les deux, contre 28 % de l'ensemble. 29 % disent avoir eu du mal à recevoir le chèque énergie en 2026.
Bernard Doroszczuk, médiateur national de l'énergie, le formule ainsi : « la précarité énergétique (Dans ce baromètre, situation déclarée : difficultés à payer ses factures, chauffage limité pour la dépense, ou froid ou chaleur pendant au moins 24 heures.) se manifeste désormais en hiver comme en été ».
Réduire encore la facture devient difficile
84 % des foyers déclarent adopter des gestes pour limiter leur consommation. 47 % ont modifié leurs habitudes au cours des deux dernières années. 37 % faisaient déjà attention avant la crise énergétique et disent ne plus pouvoir réduire. 12 % n'ont rien changé.
87 % des foyers cherchent d'abord à limiter leur facture, donc à préserver leur pouvoir d'achat. Les raisons environnementales concernent 35 % des foyers, après 34 % en 2025.
Les intentions de travaux d'isolation reculent de 3 points, à 18 % des foyers. 17 % disent en avoir déjà réalisé. Chez les propriétaires, les projets de panneaux solaires reculent de 4 points, à 14 %. La part des foyers déjà équipés reste de 16 %.
60 % voient l'électrification des usages (Remplacer un appareil au gaz, au fioul ou à l'essence par un équipement électrique, comme une pompe à chaleur ou une voiture.) comme une opportunité économique et environnementale. La part monte à 75 % chez les moins de 35 ans. 53 % des foyers n'envisagent d'électrifier aucun équipement. Dans ce groupe, 53 % citent d'abord un coût d'achat trop élevé.
Le véhicule électrique est envisagé par 27 % des foyers, la pompe à chaleur par 26 %. Chez les 55 ans et plus, 64 % n'envisagent aucun équipement.
Dans son avis rendu public le 4 novembre 2026, le Haut Conseil des finances publiques juge que 0,5 % de croissance n'est plus une prévision centrale. Une prévision de 0,3 % lui paraît plus vraisemblable. Le déficit public glisserait de 5,4 % à 5,5 % du PIB sous le seul effet des intérêts indexés.
Le 30 octobre 2026, l'Assemblée a adopté une taxe de 0,055 euro par gigaoctet. Elle viserait les fournisseurs de contenu, pas la facture des foyers. Le projet de loi de finances pour 2027 n'est pas promulgué.
Depuis le 1er novembre 2026, du gazole issu des stocks stratégiques est vendu à son prix d'achat ancien. Le gouvernement vise 12 à 18 centimes de moins par litre jusqu'à fin janvier 2027, sans toucher aux taxes. L'essence n'est pas concernée, et la baisse n'arrive à la pompe qu'une fois le produit livré.
Le Comité consultatif du secteur financier a publié le 3 novembre 2026 un avis sur les comptes en France des Français qui vivent à l'étranger. Le texte n'interdit pas les clôtures. Il organise surtout l'information des clients, avec des échéances étalées jusqu'à décembre 2027.
Le 2 novembre 2026, les députés ont voté une TVA à 5,5 % limitée à l'abonnement d'électricité, jusqu'à 36 kilovoltampères. Le prix du kilowattheure resterait à 20 %. La facture ne baisse pas tant que le budget 2027 n'est pas promulgué.
Le déblocage des réserves stratégiques ramène le prix moyen du gazole à 2,28 € le litre ce 2 novembre. Ce recul de 10 centimes en trois jours concerne déjà une station-service sur deux en France. La remise atteint jusqu'à 21 centimes dans la grande distribution, mais tarde chez les indépendants.