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Taxe au gigaoctet sur les flux numériques — baies de serveurs et jarretières de fibre optique dans une salle technique de télécommunications.
Fiscalité

Les députés adoptent une taxe de 5,5 centimes par gigaoctet

Le 30 octobre 2026, l'Assemblée a adopté une taxe de 0,055 euro par gigaoctet. Elle viserait les fournisseurs de contenu, pas la facture des foyers. Le projet de loi de finances pour 2027 n'est pas promulgué.

Par Paul Vidal5 min de lecture
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Onze voix dans un hémicycle clairsemé

Le scrutin public n° 9336 a tranché le 30 octobre, en première lecture, après l'article 15 du projet de loi de finances pour 2027. Sur 35 votants, 21 suffrages ont été exprimés : 11 pour, 10 contre et 14 abstentions. La majorité requise était de 11 voix.

Dix abstentions viennent du Rassemblement national, quatre de La France insoumise. Philippe Juvin, rapporteur général de la commission des finances, et David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, avaient donné un avis défavorable.

Deux élus insoumis, comptés parmi les pour, ont fait une mise au point (Mention publiée avec le scrutin : un député indique qu'il voulait voter autrement. Elle ne change pas le résultat.). Éric Coquerel, président de la commission des finances, voulait voter contre. Abdelkader Lahmar voulait s'abstenir.

Retirer la voix de Coquerel aurait donné 10 pour et 11 contre. Celle de Lahmar aurait laissé 10 voix de chaque côté, sous la majorité de 11. Le résultat proclamé reste l'adoption.

Qui paierait les 5,5 centimes ?

Le redevable est le fournisseur de contenu, l'entreprise qui envoie la vidéo, la page ou le jeu. L'amendement I-1358 a été déposé le 9 octobre 2026 par le député socialiste Laurent Lhardit et son groupe. Il vise les flux émis vers les clients des fournisseurs d'accès.

Taxe sur les gigaoctets portée par Laurent Lhardit — portrait du député socialiste assis sur les bancs de l’hémicycle.
Laurent Lhardit, député socialiste, auteur de l’amendement créant la taxe au gigaoctet.TrisHR / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource

Le taux est de 0,055 euro par gigaoctet, soit 5,5 centimes. L'opérateur qui relie le foyer au réseau mesure le volume. Il ne paie pas la taxe.

Chaque trimestre, il transmet à la Direction générale des Finances publiques une liste consolidée et anonymisée : identité de l'émetteur, numéro d'immatriculation et volume. Le contenu et la destination en sont exclus.

Un décret fixe la technique. L'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) supervise la mesure avec l'administration fiscale.

Si l'émetteur passe par un réseau de diffusion de contenus (CDN (Réseau de serveurs qui stocke une copie d'un contenu près des abonnés pour le diffuser plus vite.)), on additionne les flux qui sortent vers les clients. Une copie déjà en cache est comptée à chaque lecture.

Le plafond compte plus que le taux

La taxe ne peut pas dépasser 15 % du chiffre d'affaires réalisé en France par l'émetteur, ou 2 % de son chiffre d'affaires total. L'exposé vise la vidéo à la demande et le jeu vidéo. Le texte ne dit pas quel plafond retenir si les deux montants diffèrent.

Pour la fiscalité (Impôts, taxes et règles qui déterminent ce que les particuliers et les entreprises versent aux administrations.) de la vidéo et du jeu, cette borne peut compter plus que les 5,5 centimes. Netflix publie des plafonds de réglage par heure, pas une consommation moyenne.

Qualité de lectureVolume maximal par heureTaxe faciale pour l'émetteur
Définition standard1 gigaoctet0,055 €
Haute définition3 gigaoctets0,165 €
Ultra haute définition (4K)7 gigaoctets0,385 €

Avec le plafond de 2 %, la taxe ne dépasse pas 2 € pour 100 € de chiffre d'affaires, quel que soit le volume.

Dix milliards annoncés, onze au calcul

Laurent Lhardit avance 10 milliards d'euros de rendement pour le budget de l'État (Recettes et dépenses de l'État prévues pour une année, votées par le Parlement dans la loi de finances.). L'exposé retient 200 milliards de gigaoctets par an, un volume attribué à l'Arcep. Google, Meta, Amazon, Netflix et Akamai en représenteraient la moitié.

Le produit de 0,055 euro par 200 milliards de gigaoctets est de 11 milliards d'euros. L'exposé n'explique pas l'écart avec les 10 milliards. Le baromètre public de l'Arcep ne publie pas ce volume annuel.

Il publie un débit à l'entrée des réseaux. Fin 2025, ce débit atteignait 56 térabits par seconde vers Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR. La hausse était de 10,4 % en un an. Une vidéo servie depuis une copie locale ne retraverse pas cette entrée.

Akamai, Netflix, Amazon, Google et Meta pesaient 48,9 % du trafic vers les clients de ces opérateurs fin 2025. La part était de 46,9 % fin 2024. Les CDN internes en couvraient environ 21 %, contre 19 % un an plus tôt.

David Amiel a repris la moitié du rendement des auteurs, soit 5 milliards d'euros. Il a dit qu'elle pèserait sur de plus petits fournisseurs, notamment français. Ce n'est pas un chiffrage de l'administration.

Il a ajouté qu'il faudrait des capteurs de flux ou, au minimum, une mesure sur les terminaux. Il a aussi renvoyé à la taxe sur les services numériques (Impôt déjà dû par de grandes entreprises du numérique, calculé sur une partie du chiffre d'affaires, pas sur les gigaoctets.), déjà due sur une partie du chiffre d'affaires.

Philippe Juvin a prévenu : « Le risque est qu'ils répercutent le poids de cette taxe sur les annonceurs. » Laurent Lhardit a répondu qu'on ne voyait pas comment répercuter ce coût sur les utilisateurs de services gratuits, comme Facebook, Instagram ou TikTok.

En réponse au ministre, il a situé les cinq chaînes de TF1 diffusées en ligne entre 200 000 et 300 000 euros. Cette évaluation est la sienne, et elle ne figure pas dans l'exposé.

Si le coût passe ensuite dans un prix ou dans des publicités, c'est le pouvoir d'achat qui est touché. La facture d'accès n'est pas l'assiette.

Aucune dette avant la promulgation

Au 3 novembre 2026, la première lecture du projet déposé le 1er octobre se poursuit. L'amendement ne fixe aucune première année d'émission.

Il peut encore disparaître avant la fin de cette lecture, au Sénat ou en dernière lecture. Pour un groupe sans entité établie en France, l'avis d'imposition sortirait au plus tard le 30 janvier. Le paiement en euros interviendrait au plus tard le 30 mars, l'année suivant l'émission.

Un groupe qui a une entité établie en France paierait selon les mêmes modalités que l'impôt sur les sociétés. Sans loi promulguée, ces dates ne créent aucune dette.

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Pouvoir d'achat »

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Dans la rubrique Fiscalité

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Baisse du prix du gazole à la pompe en France — pistolet de distribution inséré dans le réservoir d'une voiture, cuves blanches de stockage en arrière-plan.

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