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Fraude bancaire par manipulation — main raccrochant un téléphone filaire près d’un smartphone allumé, sur une table d’appartement français.
Consommation

La fraude par manipulation atteint 516 millions d’euros

La fraude bancaire par manipulation a coûté 516 millions d’euros en 2025, soit 34 % de plus sur un an. La hausse vient surtout des virements réalisés depuis la banque en ligne. Face à un prétendu conseiller, il faut raccrocher puis rappeler sa banque par son numéro habituel.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Les virements expliquent l’essentiel de la hausse

La fraude par manipulation (Escroquerie où le fraudeur convainc la victime d’effectuer ou d’autoriser elle-même une opération, souvent en se faisant passer pour sa banque.) a atteint 516 millions d’euros en 2025, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Les moyens de paiement permettent de régler un achat ou de retirer de l'argent, avec des règles propres à la carte, au chèque et aux espèces.) (OSMP). C’est 34 % de plus qu’en 2024. Elle représente 41,6 % du montant total de la fraude (Utilisation frauduleuse d’un compte, d’une carte ou d’un moyen de paiement, avec ou sans participation involontaire de la victime.) aux moyens de paiement, contre 32,1 % un an plus tôt.

L’OSMP ne décompte pas directement tous les appels de faux conseillers. Son estimation repose donc sur une mesure indirecte. Elle additionne les opérations frauduleuses par carte avec authentification forte (Vérification renforcée, par code, notification ou biométrie, qui confirme qu’une opération est autorisée.) et les virements effectués depuis la banque en ligne.

La progression vient principalement des virements. Leur montant frauduleux est passé de 244 millions à 376 millions d’euros en un an, soit une hausse de 54 %. La fraude sur les paiements par carte avec authentification forte est, elle, restée stable à 140 millions d’euros.

Les flux de virements concernés ont également augmenté de 18 % en 2025. Cette progression reste très inférieure au bond du préjudice, ce qui explique la hausse du taux de fraude.

Fraude par manipulation, de 2021 à 2025 : le montant annuel estimé progresse de 269 à 516 millions d’euros, avec quatre hausses successives.
Après quatre hausses successives entre 2021 et 2025, l’estimation atteint son maximum à 516 millions d’euros.LaBanque.org — données : Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France)Source

La série publiée par l’OSMP montre quatre hausses successives depuis 2021, de 269 à 516 millions d’euros. Le rythme n’a pas été identique chaque année. L’estimation a peu progressé entre 2023 et 2024, avant l’accélération observée en 2025.

Comment agit un faux conseiller bancaire ?

L’escroc se fait passer pour la banque et place sa victime dans l’urgence. Il affirme devoir bloquer une opération suspecte, puis demande un code ou une validation dans l’application bancaire. Or cette confirmation autorise l’opération : elle ne sert jamais à l’annuler.

Comment ça marche

  • Un appel, parfois depuis un numéro qui ressemble à celui de la banque, annonce une fraude urgente.
  • Le prétendu conseiller demande un code ou une validation pour « sécuriser » le compte.
  • La victime valide en réalité une opération, souvent un virement vers le compte contrôlé par l’escroc.
  • Il faut raccrocher, puis joindre sa banque avec le numéro figurant sur ses documents ou son site habituel.

Le risque ne se limite donc pas au vol d’un numéro de carte. Sous pression, la victime réalise elle-même l’action demandée. Ces virements obtenus par manipulation expliquent la hausse. Le taux de fraude des virements depuis la banque en ligne est passé de 0,0044 % en 2024 à 0,0063 % en 2025.

Vérifier un destinataire ne valide pas un appel

Depuis le 9 octobre 2025, la vérification du bénéficiaire (Contrôle gratuit comparant le nom saisi pour un virement avec celui associé à l’IBAN du destinataire.) est gratuite pour les virements SEPA réalisés en ligne. La banque compare le nom saisi avec celui associé à l’IBAN du destinataire. Ce contrôle peut aider à repérer une erreur ou de fausses coordonnées bancaires. Il ne rend pas légitime une instruction reçue au téléphone.

Le fichier national des comptes signalés pour risque de fraude est opérationnel depuis le 7 mai 2026. Géré par la Banque de France, il permet aux banques de partager les IBAN signalés comme suspects. Seuls les IBAN sont enregistrés, pas le nom du titulaire du compte. Les banques peuvent ainsi adapter leurs contrôles avant l’exécution d’un virement. Ces deux protections sont trop récentes pour avoir empêché les fraudes constatées sur l’ensemble de 2025.

Prévenir sa banque sans attendre en cas de fraude

Après une opération suspecte ou une validation donnée sous pression, il faut avertir immédiatement sa banque, conserver les éléments utiles et déposer plainte. Avant toute opération, la règle la plus simple reste de ne communiquer ni code ni validation à un interlocuteur qui appelle.

L’ensemble de la fraude aux moyens de paiement a progressé bien moins vite : 3,8 %, à 1,241 milliard d’euros en 2025. Dans le même temps, le nombre d’opérations frauduleuses a reculé de 7,6 %, à 7,2 millions. Les manipulations prennent donc une part grandissante dans les pertes, même si toutes les formes de fraude ne suivent pas la même évolution.

Sources

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