L’inflation américaine revient à 3,4 %, la Fed reste divisée
L’inflation américaine a ralenti en juillet, mais le repli de l’énergie explique une part importante du mouvement. Les marchés envisagent davantage un maintien des taux de la Fed en septembre. La décision reste ouverte, car les prochains indicateurs peuvent encore déplacer l’équilibre.
L’inflation annuelle américaine a ralenti de 3,5 % à 3,4 % en juillet.
L’énergie a reculé de 1,5 % sur le mois, tout en restant 14,7 % plus chère sur un an.
Le 12 août, les contrats à terme estimaient à 59,6 % la probabilité d’un maintien des taux de la Fed en septembre.
Le ralentissement de juillet doit beaucoup à l’énergie
Les prix à la consommation ont progressé de 0,1 % en juillet aux États-Unis, après avoir reculé de 0,4 % en juin. Sur un an, l’inflation (Hausse générale et durable des prix payés par les ménages.) est revenue de 3,5 % à 3,4 %. Le mouvement est favorable, mais il ne décrit pas à lui seul une détente généralisée des prix.
L’énergie a baissé de 1,5 % sur le mois. À l’inverse, le logement a représenté environ deux tiers de la hausse mensuelle de l’indice global. Malgré son recul de juillet, l’énergie coûtait encore 14,7 % de plus qu’un an plus tôt.
Le rythme mensuel avait accéléré jusqu’à 0,9 % en mars, avant de diminuer trois mois de suite. Il est tombé à -0,4 % en juin, le point bas de la série présentée. Le léger rebond de juillet illustre la volatilité d’un indice sensible aux prix de l’énergie.
Après trois baisses consécutives entre mars et juin, l’IPC a légèrement augmenté en juillet. Source : U.S. Bureau of Labor Statistics.LaBanque.org — données : U.S. Bureau of Labor StatisticsSource
L’IPC sous-jacent (Mesure de l’inflation qui retire l’alimentation et l’énergie, deux postes aux prix souvent très variables.), qui écarte l’alimentation et l’énergie, a lui aussi ralenti sur un an, de 2,6 % à 2,5 %. Il a toutefois augmenté de 0,2 % sur le mois. Cet indicateur permet de regarder l’évolution des prix sans ces deux composantes très mouvantes.
La Fed n’a pas encore arrêté sa décision de septembre
Après cette publication, les contrats à terme suivis par CME FedWatch donnaient 59,6 % de probabilité à un maintien des taux en septembre, selon Axios. La veille, cette probabilité était de 51,6 %. Cette valeur reflète les positions prises sur les marchés, pas un engagement de la banque centrale.
La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % le 29 juillet. Le vote a été acquis par neuf voix contre trois. Les trois dissidents voulaient alors relever ce taux de 0,25 point.
Dans son communiqué, le Federal Open Market Committee, l’instance qui fixe les taux américains, jugeait encore l’inflation élevée par rapport à son objectif de 2 %. La statistique de juillet réduit une pression immédiate, sans combler cet écart.
Les prix à la production nuancent l’accalmie
Les prix à la production sont restés stables en juillet. Ils demeuraient toutefois supérieurs de 4,7 % à leur niveau d’un an auparavant. Cet indicateur mesure les prix reçus par les producteurs, et non directement le panier des ménages.
La baisse mensuelle de l’énergie a soutenu l’indice des ménages. Le niveau annuel des prix de l’énergie et de la production rappelle que les tensions ne sont pas effacées. Un seul chiffre d’inflation ne suffit donc pas à établir une tendance durable.
Deux données clés avant la réunion de septembre
La Fed disposera encore de deux rendez-vous majeurs. Les chiffres de l’emploi américain d’août seront publiés le 4 septembre, puis l’inflation d’août le 11 septembre. La réunion du comité monétaire se tiendra les 15 et 16 septembre.
Ces deux publications préciseront si le ralentissement de juillet se prolonge. Elles peuvent aussi modifier les probabilités de marché observées le 12 août avant la décision de la Fed.
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