Smic : une hausse anticipée de 22 euros dès décembre à l'étude
Le gouvernement étudie un relèvement anticipé du Smic dès le 1er décembre 2026 au lieu du 1er janvier 2027. Cette hausse d'environ 1,5 % représenterait un gain proche de 22 euros nets par mois à temps plein. Pour les 2,1 millions de salariés concernés, l'application reste suspendue à la parution d'un décret.
Aucune démarche n'est requise pour les salariés rémunérés au salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic (Salaire minimum horaire légal en dessous duquel aucun salarié adulte ne peut être rémunéré en France.)). Si l'exécutif confirme son scénario par décret, la hausse s'appliquera sur la fiche de paie de décembre 2026. Elle devancera alors d'un mois l'échéance légale habituelle du 1er janvier.
Un gain d'environ 22 euros nets par mois à temps plein
L'exécutif envisage une hausse globale d'environ 1,5 % au 1er décembre 2026 face aux tensions sur le pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, après prise en compte de l'évolution des prix.). Ce montant combinerait une revalorisation automatique (Indexation légale obligatoire du Smic selon l'inflation des ménages modestes et l'évolution du salaire ouvrier et employé.) de 0,8 % à 1,0 % et un coup de pouce (Majoration discrétionnaire du Smic décidée par décret gouvernemental, au-delà de la formule automatique légale.) de 0,5 % à 0,6 %. En vigueur depuis le 1er juin 2026, le taux horaire brut s'établit à 12,31 euros. Pour 35 heures hebdomadaires, le salaire mensuel atteint 1 867,02 euros bruts, soit environ 1 477,93 euros nets.
Avec une hausse de 1,5 %, un salarié à temps plein gagnerait environ 22 euros nets supplémentaires par mois. Sa rémunération nette mensuelle approcherait ainsi 1 500 euros. Pour un temps partiel de 24 heures hebdomadaires, le gain mensuel avoisinerait 15 euros nets. Cette mesure concernerait 2,1 millions de salariés du secteur privé non agricole, soit 11,8 % des effectifs, dont 58,4 % de femmes.
La trajectoire du salaire minimum horaire brut traduit quatre hausses successives entre mai 2023 (11,52 €) et juin 2026 (12,31 €).LaBanque.org — données : InseeSource
Ce décalage de calendrier reprend le précédent du 1er novembre 2024. Le gouvernement de Michel Barnier avait alors avancé de deux mois la hausse de 2,0 %, portant le taux horaire brut à 11,88 euros. Une telle mesure constitue toutefois une avance d'un mois sur l'échéance de janvier 2027 plutôt qu'un double versement.
Un arbitrage attendu fin novembre après concertation
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, rappelle que « si l'inflation (Hausse générale et durable des prix à la consommation, qui réduit la valeur réelle de la monnaie.) se poursuit, évidemment le Smic poursuivra son augmentation ». Il précise que « le calendrier et les modalités font actuellement l'objet d'échanges avec les partenaires sociaux ». Les syndicats jugent néanmoins ce montant insuffisant face au coût de la vie. À l'inverse, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, estime qu'« ajouter une hausse anticipée du salaire minimum aux hausses de prélèvements sur les entreprises constitue une pression insoutenable sur la trésorerie de nos PME ».
Les petites structures sont en effet les plus exposées au salaire minimum. Il concerne 21,9 % des effectifs dans les entreprises de 1 à 9 salariés, contre 9,5 % à partir de 10 salariés. Avant tout décret, le groupe d'experts indépendants remettra son rapport annuel le 25 novembre 2026. Les partenaires sociaux seront ensuite consultés le 28 novembre, une fois connu l'indice d'inflation de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
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