Le suivi de l’État recensait 13 % de stations en difficulté le 14 septembre. Le gouvernement écarte une pénurie nationale, mais chaque carburant n’est pas forcément disponible à la pompe.
Le 14 septembre à 9 h, le tableau public de l’État recensait 13 % de stations en difficulté pour au moins un produit, essence ou gazole. Cela correspond à 87 % de stations sans difficulté.
Le lendemain, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a assuré qu’il n’y avait « aucun risque de pénurie ». Elle a ajouté que 90 % des stations n’avaient « aucune difficulté d’approvisionnement ». Les deux chiffres ne sont pas directement comparables : la déclaration gouvernementale n’est pas accompagnée d’un horaire ni d’une méthode publiés.
Un indicateur qui ne garantit pas chaque carburant
Le suivi porte sur environ 9 900 stations distribuant de l’essence ou du gazole. Il exclut l’E85 et le GPL. Les données proviennent des déclarations des exploitants, et les fermetures temporaires pour une autre raison ne sont pas comptées.
Pour l’essence, une station n’est considérée en difficulté que lorsqu’elle n’a plus aucune des essences qu’elle distribue. Si une référence reste disponible, elle ne l’est pas pour l’indicateur. Le suivi ne permet donc pas de savoir, avant un déplacement, si le carburant habituel sera disponible dans une station précise.
Des ruptures locales peuvent donc coexister avec l’absence de pénurie nationale. Au relevé du 14 septembre, l’Île-de-France et les Pays de la Loire comptaient chacune 17 % de stations en difficulté. Le 12 septembre, un reportage local a aussi décrit des automobilistes cherchant du SP95 dans plusieurs stations de l’agglomération toulousaine.
La France doit maintenir trois mois de stocks pétroliers. Ils peuvent être mis à disposition des opérateurs sur injonction de l’État en cas de crise. Ils ne garantissent pas la disponibilité de chaque carburant dans une station donnée.
Les flux d’Ormuz restent sévèrement contraints. Le diesel-gazole, produit déjà raffiné, est plus rare que le brut. En France, la moyenne nationale du litre avait gagné 39 centimes au dernier relevé officiel, entre le 3 juillet et le 4 septembre.
Le prix moyen du SP95-E10 a atteint 2,11 € le litre le 11 septembre, son plus haut dans la série nationale. À ce tarif, un plein de 50 litres représente 105,50 €. Une aide de 100 € est encore demandable jusqu'au 30 septembre par certains travailleurs éligibles.
Le CAC 40 reculait de 0,8 % lors des premiers échanges européens du 14 septembre. Le pétrole montait après l’arrêt préventif d’un oléoduc saoudien, tandis que les actions liées à l’intelligence artificielle reculaient sur les marchés mondiaux.
Des pêcheurs bloquent depuis mardi matin la sortie du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer. Environ cinquante camions-citernes sont immobilisés, sans pénurie d’essence établie à ce stade.
La facture annuelle moyenne de gaz pourrait dépasser d'environ 120 € celle de 2025, selon la Commission de régulation de l'énergie. Cette projection dépend des prix d'ici à la fin de l'année et ne concerne pas tous les contrats.
Le rendement de la dette américaine à dix ans a brièvement atteint 5 % en séance, lundi 14 septembre. Ce seuil de marché peut renchérir les nouveaux crédits aux États-Unis.