Carburants : 13 % des stations en difficulté
Le suivi de l’État recensait 13 % de stations en difficulté le 14 septembre. Le gouvernement écarte une pénurie nationale, mais chaque carburant n’est pas forcément disponible à la pompe.

Les flux d’Ormuz restent sévèrement contraints. Le diesel-gazole, produit déjà raffiné, est plus rare que le brut. En France, la moyenne nationale du litre avait gagné 39 centimes au dernier relevé officiel, entre le 3 juillet et le 4 septembre.
Le détroit d’Ormuz n’est pas fermé de façon étanche. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) observe encore des passages, aidés par des itinéraires de contournement et des escortes militaires. Elle juge toutefois les flux sévèrement contraints.
En 2025, 20 millions de barils de brut et de produits pétroliers y transitaient chaque jour en moyenne. Cela représentait environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole (Matière première énergétique dont le prix mondial influence les carburants et les résultats des groupes producteurs.). Les possibilités de contourner ce passage restent limitées.
En août, les exportations totales de pétrole des pays du Golfe sont tombées autour de 13 millions de barils par jour. C’est près de la moitié de leur niveau d’avant-guerre. La production mondiale a aussi reculé de 1,6 million de barils par jour, à 100,1 millions.
La tension est plus forte sur les produits raffinés (Carburants obtenus après transformation du pétrole brut en raffinerie, comme le gazole ou l’essence.), c’est-à-dire les carburants issus du traitement du pétrole en raffinerie. Les exportations de produits raffinés et de gaz de pétrole liquéfié (GPL) depuis le Golfe sont inférieures d’environ 60 % à leur niveau de février.
Le gazole est particulièrement concerné. Les exportations nettes de diesel-gazole du Golfe n’ont atteint que 390 000 barils par jour en août. Elles représentaient un peu plus du quart de leur niveau d’avant-guerre. Les perturbations du raffinage en Russie ajoutent une autre pression sur ce marché.

Un litre de gazole ne dépend pas seulement du prix du pétrole brut. Son prix comprend aussi le coût du carburant raffiné, le transport, la distribution et les taxes. Quand le diesel disponible se raréfie, cette partie du prix peut se tendre fortement.
Le Brent ICE s’échangeait à 105 dollars le baril lors de la rédaction du rapport de septembre de l’AIE. C’était 21 dollars de plus qu’au début août et 45 % au-dessus du niveau d’avant-guerre. Mais cette hausse du brut ne résume pas, à elle seule, celle du gazole.
En France, le prix moyen national toutes taxes comprises est passé de 1,8630 € le litre le 3 juillet à 2,2571 € le 4 septembre. L’écart atteint 0,3941 € par litre. Il s’agit d’une moyenne nationale, pas du prix relevé dans chaque station.
Exemple
Pour 50 litres de gazole, l’écart entre ces deux moyennes nationales représente 19,71 €. Le montant reste indicatif : il varie selon la station et le jour du plein.
La part attribuable au seul détroit d’Ormuz ne peut pas être isolée. L’AIE mentionne aussi les perturbations du raffinage russe et d’autres routes maritimes. Le dernier relevé officiel disponible, daté du 4 septembre, ne décrit pas le prix affiché à la pompe le 15 septembre.
Pour le gaz domestique, la hausse n’est ni immédiate ni identique pour tous les ménages. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonce une progression de 6,3 % TTC de son prix repère de vente du gaz (Indicateur mensuel de la CRE pour comparer les offres de gaz ; ce n’est ni un tarif réglementé ni un contrat.) au 1er octobre. Cet indicateur sert à comparer les offres ; ce n’est pas un contrat auquel on souscrit.
Le prix repère passera de 172,05 € à 182,88 € par mégawattheure TTC. La CRE chiffre l’effet moyen à 5,28 € TTC sur la facture d’octobre des offres indexées. Environ 40 % des consommateurs résidentiels avaient une offre à prix fixe fin 2025. Ces contrats ne sont donc pas directement concernés par cette hausse annoncée.
Le calcul du prix repère d’octobre repose sur les cotations du gaz observées en août. Il ne traduit pas mécaniquement chaque mouvement récent lié à Ormuz. La Commission européenne ne voit pas de risque immédiat de rupture d’approvisionnement dans l’Union européenne, malgré l’arrêt de la production qatarie de gaz naturel liquéfié (GNL (Gaz naturel liquéfié : gaz refroidi pour être transporté par navire puis regazéifié avant distribution.)) et la volatilité des prix.
Le suivi de l’État recensait 13 % de stations en difficulté le 14 septembre. Le gouvernement écarte une pénurie nationale, mais chaque carburant n’est pas forcément disponible à la pompe.
Le prix moyen du SP95-E10 a atteint 2,11 € le litre le 11 septembre, son plus haut dans la série nationale. À ce tarif, un plein de 50 litres représente 105,50 €. Une aide de 100 € est encore demandable jusqu'au 30 septembre par certains travailleurs éligibles.
Le CAC 40 reculait de 0,8 % lors des premiers échanges européens du 14 septembre. Le pétrole montait après l’arrêt préventif d’un oléoduc saoudien, tandis que les actions liées à l’intelligence artificielle reculaient sur les marchés mondiaux.
Le rendement des obligations américaines à dix ans a brièvement franchi 5 % le 14 septembre. La référence quotidienne du Trésor est toutefois restée à 4,97 %. La décision de la Réserve fédérale est attendue le 16 septembre.
Des pêcheurs bloquent depuis mardi matin la sortie du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer. Environ cinquante camions-citernes sont immobilisés, sans pénurie d’essence établie à ce stade.
La facture annuelle moyenne de gaz pourrait dépasser d'environ 120 € celle de 2025, selon la Commission de régulation de l'énergie. Cette projection dépend des prix d'ici à la fin de l'année et ne concerne pas tous les contrats.