Le gazole approche 2,30 € le litre : ce qui l’explique
Le prix moyen tiré des tarifs déclarés par les stations a atteint 2,297 € le litre le 10 septembre. En trente jours, il a gagné 10,7 centimes. Le pétrole brut ne suffit pas à expliquer cette remontée.
Une moyenne nationale, pas le prix de chaque pompe
Le prix moyen national calculé à partir des tarifs déclarés par les stations s’élevait à 2,297 € le litre de gazole le 10 septembre. Il avait gagné 10,7 centimes en trente jours. Pour 50 litres, cela représente 114,85 €, soit 5,35 € de plus qu’un mois auparavant.
Cette moyenne confirme un niveau proche de 2,30 €, mais elle ne décrit pas le prix payé dans chaque station. Elle n’est pas pondérée par les volumes vendus. Une station très fréquentée et une station peu fréquentée y comptent donc de la même façon.
Les écarts locaux et les tarifs autoroutiers peuvent s’en éloigner. Cette donnée sert surtout à suivre le mouvement national. Elle ne permet pas d’annoncer le montant d’un plein dans une station donnée.
Il faut aussi la distinguer de la série hebdomadaire publiée par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). Cette dernière est une moyenne nationale pondérée, toutes taxes comprises. Les deux indicateurs ne portent ni sur la même date ni sur la même méthode, mais ils montrent ici la même remontée.
La série de la DGEC est passée de 1,8630 € le litre le 3 juillet à 2,2571 € le 4 septembre. Sur les neuf intervalles observés, elle compte sept hausses et deux baisses.
Le prix moyen national TTC du gazole a progressé sur sept des neuf intervalles hebdomadaires observés.LaBanque.org — données : DGECSource
Le prix à la pompe ne suit pas seulement le brut
Le pétrole (Matière première énergétique dont le prix mondial influence les carburants et les résultats des groupes producteurs.) brut est une composante du prix, pas son équivalent à la pompe. Avant les taxes, la DGEC sépare notamment la cotation internationale du gazole déjà raffiné et la part liée au transport-distribution. C’est le produit fini, et non le seul baril de brut, qui est directement rapproché du prix hors taxes.
Au 4 septembre, le prix hors toutes taxes du gazole atteignait 127,3 centimes par litre. La cotation internationale du gazole raffiné en représentait 101,5 centimes. Les 25,8 centimes restants correspondaient au transport-distribution.
Cette part couvre notamment la logistique, l’exploitation des stations, les obligations liées aux biocarburants et la marge commerciale. Les taxes s’ajoutent ensuite. Le prix affiché dépend donc de plusieurs marchés et coûts successifs avant le passage en caisse.
Un recul du brut ne se répercute ainsi ni automatiquement ni dans la même proportion sur le gazole. La cotation du produit raffiné et les coûts entre le dépôt et la station peuvent évoluer différemment. Comparer seulement le Brent et le prix à la pompe ne suffit pas à prévoir le tarif des jours suivants.
Un niveau français déjà supérieur à la moyenne européenne
Au 28 août, le gazole coûtait en moyenne 2,2085 € le litre en France, contre 2,0391 € dans l’Union européenne à 27. Cette comparaison replace le niveau français dans son ensemble européen, sans effacer les différences entre stations.
Pour suivre la suite, le repère utile n’est donc pas le seul cours du pétrole. Il faut regarder le gazole raffiné, le transport-distribution et la fiscalité. Les données disponibles décrivent une forte hausse jusqu’au début septembre ; elles ne permettent pas d’établir une trajectoire certaine pour l’hiver.
Le Brent a clôturé à 101,21 dollars le baril le 9 septembre, après une escalade militaire dans le Golfe. Les marchés actions américains ont reculé. Le prix du brut ne suffit toutefois pas à prévoir celui des carburants en Europe.
Les prix moyens du gazole et du SP95-E10 ont fortement progressé en une semaine. Au 4 septembre, un plein de 50 litres de gazole coûtait en moyenne 2,43 € de plus qu'au relevé précédent.
Bercy a confirmé le 9 septembre qu'il n'annonçait ni baisse temporaire de taxes, ni plafonnement national, ni nouvelle aide générale sur les carburants. Les dispositifs ciblés existants restent en place, dont une aide de 100 € à demander avant le 30 septembre pour certains travailleurs modestes.
Le contrat TTF néerlandais a atteint 80,98 €/MWh en séance le 9 septembre, une première depuis le début de 2023. Cela ne change pas automatiquement la facture d'un ménage français. Une hausse durable peut toutefois influencer les prochaines références de prix.
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