Carburants : 407 millions de recettes fiscales en moins
Les livraisons de carburants ont reculé de 30 % entre le 11 et le 20 septembre, par rapport aux dix premiers jours du mois. Ce décrochage ponctuel s'ajoute à une baisse annuelle : depuis février, les recettes fiscales liées aux carburants sont inférieures de 407 millions d'euros à celles de la même période de 2025.
Entre le 11 et le 20 septembre, les livraisons de carburants en France ont diminué d'environ 30 % par rapport aux dix premiers jours du mois. Il s'agit d'une comparaison entre deux périodes de dix jours, pas d'une baisse annuelle de 30 %.
Ce décrochage très court terme prolonge toutefois une tendance moins spectaculaire. Les livraisons de carburants routiers ont baissé de 6,6 % sur un an en août, à 3,579 millions de m³. Sur les huit premiers mois de 2026, elles ont reculé de 5 %. Philippe Casbas, président de l'UFIP Énergies et Mobilités, résume cette évolution : « Le recul de la demande en carburants se poursuit en août à - 6,6 %. »
Chaque point compare 2026 au même mois de 2025 : les cinq valeurs sont négatives, avec un creux à -10,6 % en mai.LaBanque.org — données : UFIP Énergies et Mobilités, données CPDPSource
Pourquoi les recettes fiscales diminuent
Depuis le début de la crise de février, les recettes fiscales nettes liées aux carburants sont inférieures de 407 millions d'euros à celles de la même période de 2025. Il s'agit d'un écart de recettes publiques, pas du coût d'une nouvelle aide ni d'une perte de chiffre d'affaires pour les distributeurs.
Le mécanisme combine deux impôts. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est proportionnelle au prix du litre : à volume égal, elle augmente si le prix monte. L'accise sur les carburants (Taxe principalement calculée selon le volume de carburant vendu, et non selon son prix à la pompe.), elle, dépend principalement du volume vendu ; la baisse des achats peut donc dépasser le gain lié au prix. Le gouvernement publie ce suivi tous les dix jours en distinguant ces deux effets.
Pour les ménages, la baisse des achats peut traduire une adaptation au prix des carburants : certains réduisent leurs déplacements ou leur consommation (La consommation rassemble les achats de biens et services des ménages, du logement à l’alimentation, et les choix de budget qui les accompagnent.). Elle intervient donc directement dans le pouvoir d'achat, tandis que le rendement des impôts concernés se contracte.
Une aide ciblée reste ouverte aux travailleurs dits grands rouleurs. L'indemnité carburant est forfaitairement fixée à 100 euros sous conditions, avec un guichet ouvert jusqu'au 30 septembre 2026. Le gouvernement devait aussi présenter de nouvelles mesures à Bercy le 22 septembre. La règle envisagée pour restituer d'éventuels surplus de TVA dans le budget 2027 reste une proposition, et non un droit déjà ouvert.
Pour aller plus loin
Consommation — comprendre les règles et les démarches
L'encadrement des loyers allège la facture des locataires de 520 euros par an en moyenne. Ce constat ressort d'une étude de l'association Que Choisir Ensemble publiée le 8 octobre 2026. Le gain grimpe à 1 700 euros à Paris, mais un tiers des annonces dépasse encore les plafonds légaux.
Les pays du G7 ont décidé d'injecter jusqu'à 100 millions de barils de carburant issus de leurs réserves pour freiner la flambée du diesel. En France, cette détente sur les marchés de gros doit amorcer un reflux des tarifs à la pompe dès le début de la semaine prochaine.
Le gouvernement annonce le retrait des droits de 178 € en BTS et de 270 € en prépa. Au 2 octobre, la suppression de l’article 54 du budget reste à formaliser ; les frais universitaires existants en CPGE ne sont pas annulés.
Les dépenses de consommation des ménages en biens ont reculé de 0,5 % en août 2026 selon l'Insee, après une hausse de 0,4 % en juillet. Ce repli s'explique principalement par une baisse de 2,3 % des achats d'énergie, pénalisés par la hausse des prix des carburants à la pompe.
Emmanuel Macron demande à Bruxelles d’assouplir plusieurs règles pour augmenter l’offre de carburants. Ces pistes, du rendement des raffineries au B10, restent à l’étude : aucune décision européenne ne s’applique encore à la pompe.
Le Conseil d'analyse économique préconise un redressement budgétaire d'au moins 125 milliards d'euros d'ici 2032 pour stabiliser la dette publique. Cet assainissement vise à freiner l'explosion des intérêts d'emprunt et nécessiterait des arbitrages majeurs dès 2027.