Moody's maintient la note souveraine de la France à Aa3
L'agence Moody's a maintenu la note souveraine de la France à Aa3 le 23 octobre 2026, tout en conservant une perspective négative. Ce sursis évite une dégradation immédiate, mais reste conditionné au vote du budget 2027.
Annoncée le vendredi 23 octobre 2026 après la clôture des Bourses européennes, la décision de Moody's déjoue les pronostics des marchés financiers. La France conserve son échelon Aa3, soit un cran au-dessus de la note A+ attribuée par Standard & Poor's et Fitch Ratings. La perspective négative (Signal indiquant qu'une agence de notation envisage d'abaisser la note d'un État à moyen terme.) confirme toutefois le risque d'un futur abaissement de la note souveraine (Évaluation financière mesurant la capacité d'un État à rembourser ses emprunts sur les marchés.) française.
Un répit conditionné au vote du budget 2027
L'agence de notation lie directement son évaluation à l'adoption du prochain budget. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de ramener le déficit public à 5,0 % du PIB.
« Cette décision est la reconnaissance de la solidité de notre économie et de la crédibilité du budget présenté par le Gouvernement », a réagi le ministre de l'Économie Roland Lescure. Il appelle désormais le Parlement à voter ce texte d'ici la fin de l'année.
Sans accord budgétaire, Moody's estime que la dette publique (Ensemble des emprunts contractés par l'État, la Sécurité sociale et les collectivités locales pour financer leurs déficits.) française dépassera 120 % du PIB à l'horizon 2027. Fin 2025, cet endettement atteignait 115,7 % du PIB selon l'Insee, soit plus de 3 460 milliards d'euros. Le ratio a d'abord grimpé de 98,2 % à 114,9 % en 2020, avant de refluer à 109,5 % en 2023. Il est ensuite reparti à la hausse.
Évolution de l'endettement public français en part de PIB entre 2019 et 2025 (source : Insee).LaBanque.org — données : InseeSource
Des taux d'emprunt sous tension sur les marchés
La décision de Moody's n'allège pas la facture immédiate de l'État sur le marché des obligations. En octobre 2026, le taux d'intérêt (Prix payé par l'emprunteur pour rémunérer les fonds mis à sa disposition par le prêteur sur les marchés.) de l'OAT (Obligation assimilable du Trésor, titre d'emprunt à long terme émis par l'État français.) (obligation assimilable du Trésor) française à dix ans a évolué entre 5,00 % et 5,14 %. Il s'établit ainsi à son niveau le plus haut depuis 2002.
L'écart de rendement avec l'emprunt allemand de même durée s'est parallèlement hissé à 168 points de base, soit 1,68 point de pourcentage. Les investisseurs appliquent donc à la France des conditions de crédit proches de celles d'États moins bien notés. Le prochain test interviendra dès le 27 novembre 2026, date à laquelle l'agence Standard & Poor's réexaminera sa propre évaluation du pays.
L'emprunt d'État français à dix ans dépasse 5 %, mais les crédits immobiliers restent entre 3,58 % et 3,70 % fin octobre. Les banques compriment leurs marges et le taux d'usure bloque toute envolée brutale. Les courtiers attendent toutefois un palier à 4 % d'ici décembre.
Le taux d'emprunt de la France à dix ans a franchi le seuil des 5 % le 22 octobre 2026, au plus haut depuis juillet 2002. Malgré cette tension, les règles européennes empêchent la Banque centrale européenne de secourir un État soumis à une procédure pour déficit excessif.
L'agence de notation Moody's publie ce vendredi 23 octobre 2026 au soir sa révision de la note souveraine de la France, aujourd'hui fixée à Aa3. Un abaissement d'un cran alignerait son évaluation sur celles de Standard & Poor's et de Fitch. Dans le même temps, les taux d'emprunt de l'État dépassent déjà 5 %.
Le taux d'emprunt de la France à dix ans atteint 4,85 % début octobre 2026, sous la pression des investisseurs. Cette hausse alourdit la charge de la dette et contraint les finances publiques sans provoquer de crise immédiate.
Emmanuel Moulin avertit que la hausse des taux peut alourdir les finances publiques françaises. Le projet de budget 2027 prévoit une charge d’intérêts de 91,2 milliards d’euros, contre 79,2 milliards en 2026. La demande reste toutefois supérieure à l’offre lors des émissions.
Dans un entretien au Financial Times, Emmanuel Moulin lance une mise en garde inédite. Le gouverneur de la Banque de France craint un étranglement de l'économie par la hausse des taux. Avec un rendement à dix ans à 4,86 %, la facture d'intérêts dépassera 91 milliards d'euros en 2027.