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Baisse de Wall Street après la Fed — façade illustrée d’une banque centrale à Washington, drapeau américain au vent et lumière de fin d’après-midi.
Bourse

Wall Street baisse après le relèvement de taux de la Fed

La Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur, et Wall Street a fini en baisse le 16 septembre. Les investisseurs ont surtout retenu des taux attendus plus élevés en 2026, un signal défavorable aux actions.

Par Julien Marchal4 min de lecture
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À retenir

  • Le Comité de politique monétaire de la Fed a voté le relèvement à l’unanimité, par 12 voix contre zéro.
  • La projection médiane du taux directeur pour fin 2026 atteint 4,1 %, contre 3,8 % en juin.
  • Après l’annonce, le rendement du Treasury américain à deux ans est passé de 4,67 % à 4,74 %.

Le message sur les taux a fait basculer la séance

Après un léger gain, Wall Street a terminé dans le rouge. Le S&P 500 a cédé 0,4 %, à 7 551,81 points. Le Dow Jones a perdu 1,2 %, à 51 461,90 points. Le Nasdaq a reculé de 3,15 points, soit moins de 0,1 %.

Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, le FOMC, a voté le relèvement à l’unanimité. La fourchette du taux des fed funds (Taux directeur de la banque centrale américaine : il guide le coût de l’argent à très court terme en dollars.), le taux directeur américain, passe à 3,75 %-4 %. La banque centrale décrit une activité solide, mais une inflation (Hausse générale et durable des prix, qui réduit le pouvoir d’achat d’une somme donnée.) encore trop élevée au regard de son objectif de 2 %.

Le quart de point annoncé ne suffit pas à expliquer la réaction. Les investisseurs ont aussi reçu de nouvelles projections. Le taux médian attendu par les participants au FOMC à la fin de 2026 est désormais de 4,1 %, contre 3,8 % en juin.

Cette médiane n’est pas une promesse de nouvelle hausse. Elle a néanmoins renforcé l’idée que les taux d’intérêt (Prix payé pour emprunter de l’argent, ou rémunération obtenue pour le prêter ou l’épargner.) pourraient rester plus hauts que prévu. La Fed résume son diagnostic par une formule nette : « Inflation remains elevated. »

Des rendements plus hauts pèsent sur les actions

Une action représente des bénéfices attendus dans les années à venir. Lorsque les taux attendus montent, les investisseurs attribuent une valeur actuelle plus faible à ces bénéfices. Des placements en dollars, considérés comme moins risqués, deviennent aussi mieux rémunérés.

Le marché obligataire a immédiatement traduit ce changement d’anticipations. Le rendement obligataire (Taux de rémunération demandé par les investisseurs pour détenir une obligation ; il évolue en sens inverse de son prix.) du Treasury américain à deux ans est passé de 4,67 % à 4,74 % après les annonces. À dix ans, il n’a progressé que de 5,00 % à 5,01 %.

Cet écart de réaction suggère que les investisseurs ont surtout ajusté leur vision des taux à court terme. La Fed a aussi relevé sa projection médiane d’inflation PCE (Indice des prix de consommation privilégié par la Fed pour suivre l’inflation américaine.) pour 2026 à 3,7 %, contre 3,6 % en juin. Cet indicateur de prix est celui qu’elle privilégie pour suivre l’inflation américaine.

Avec une prévision encore éloignée de 2 %, le marché ne peut pas compter sur un assouplissement rapide de la politique monétaire. C’est le changement des taux attendus, plus que la seule hausse décidée mercredi, qui a pesé sur les actions.

L’effet direct se joue d’abord aux États-Unis

La décision de la Fed ne relève pas mécaniquement les taux des crédits en France. Ceux-ci dépendent notamment des décisions de la Banque centrale européenne et des conditions fixées par les banques. L’effet direct concerne d’abord le financement et les marchés américains libellés en dollars.

Pour un épargnant français détenant un fonds mondial, l’effet ne prend donc pas la forme d’un nouveau taux de crédit. Il peut passer par la pression exercée sur les actions américaines du portefeuille (Titres qui représentent une fraction du capital d'une entreprise cotée.).

Les investisseurs ne lisent pourtant pas ces taux séparément. Le relèvement du rendement à deux ans américain les oblige à réévaluer le prix des actifs en dollars et, par comparaison, d’autres placements internationaux. Cette transmission par les rendements de marché explique la rapidité du mouvement.

Les rendements américains servent de référence mondiale. Une hausse du taux sans risque en dollars modifie donc l’évaluation de nombreux actifs. Le recul plus marqué du Dow Jones que du Nasdaq montre aussi que tous les segments du marché n’ont pas été touchés avec la même intensité.

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Sources

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