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Houthis et risque maritime — pétrolier et porte-conteneurs dans le détroit rocheux de Bab el-Mandeb, sous une lumière de fin de journée.
Consommation

Les Houthis accroissent le risque sur les carburants

Les Houthis ont pris Mokha et atteint l’île de Perim, sur les approches de Bab el-Mandeb. Le risque augmente pour les navires qui relient la mer Rouge au golfe d’Aden. Il risque de renchérir l’acheminement de l’énergie, sans entraîner automatiquement une hausse à la pompe.

Par Éloïse Lefort4 min de lecture
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Mokha et Perim rapprochent la menace du détroit

Les Houthis ont pris le port de Mokha le 10 septembre. L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a alors signalé que les combats se poursuivaient et que la situation restait mouvante. Le lendemain, quatre sources gouvernementales yéménites ont indiqué à Reuters que le mouvement avait atteint l’île de Perim.

Ces positions rapprochent les Houthis de Bab el-Mandeb (Détroit entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, reliant le golfe d’Aden à la mer Rouge et à la route de Suez.), le détroit entre le Yémen et la Corne de l’Afrique. Elles accroissent leur capacité à menacer les navires. Elles ne démontrent pas un contrôle complet ni une fermeture durable du passage. Le 11 septembre, leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a affirmé que la navigation restait sûre, sauf pour les navires saoudiens.

Le détour renchérit le transport de l’énergie

Le risque maritime ne se traduit pas directement par un prix à la pompe. Face au danger, un armateur choisit entre poursuivre le trajet, payer plus cher son assurance ou contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Cette dernière option ajoute environ 15 jours entre la mer d’Arabie et l’Europe, selon l’Administration américaine de l’information sur l’énergie.

Le navire reste alors mobilisé plus longtemps. Dans le transport maritime, le fret et l’assurance augmentent parfois avant même qu’une cargaison soit bloquée. Pour chaque voyage, le choix dépend du danger perçu, des navires disponibles et du coût de l’assurance. C’est la prime de risque maritime (Surcoût lié à un trajet dangereux : assurance, fret et parfois détour plus long.) : le surcoût d’un trajet devenu dangereux. Ce surcoût se transmet au coût de l’énergie lorsqu’il se combine à un marché déjà tendu.

Flux pétroliers par Bab el-Mandeb de 2020 au premier semestre 2025 : de 5,7 à 9,3 millions de barils par jour jusqu’en 2023, puis 4,1 millions en 2024 et 4,2 millions au premier semestre 2025.
Sur cinq intervalles, la série compte quatre hausses et une baisse : les flux passent de 5,7 millions de barils par jour en 2020 à 9,3 millions en 2023, puis de 4,1 millions en 2024 à 4,2 millions au premier semestre 2025.LaBanque.org — données : U.S. Energy Information AdministrationSource

Le précédent de la mer Rouge illustre ce mécanisme. Les flux de brut, de condensats et de produits pétroliers passant par Bab el-Mandeb sont tombés de 9,3 millions de barils par jour en 2023 à 4,1 millions en 2024. Ils atteignaient 4,2 millions au premier semestre 2025. Le trafic a donc été dévié plutôt qu’interrompu.

Le pétrole et le diesel étaient déjà sous tension

L’avancée autour de Mokha et de Perim arrive dans un marché déjà perturbé. Le brut North Sea Dated a atteint 113,48 dollars le baril le 9 septembre, après une moyenne de 91 dollars en août. Ce niveau est antérieur à la prise de Mokha : il ne peut pas être attribué à cette seule avancée.

Le 11 septembre, les contrats à terme sur le Brent s’échangeaient à 105 dollars le baril, soit 21 dollars de plus qu’au début août. L’Agence internationale de l’énergie relie cette hausse aux perturbations au Moyen-Orient et en Russie. Le détroit ajoute donc un risque à une tension qui existait déjà.

Le marché des produits raffinés est particulièrement exposé. Un produit raffiné (Carburant obtenu après transformation du pétrole brut en raffinerie, comme le gazole ou l’essence.) est un carburant issu de la transformation du pétrole brut, comme le gazole. En août, les exportations nettes de diesel et de gazole des pays du Golfe et de Russie étaient inférieures de 1,6 million de barils par jour à leur niveau de février. Ces deux origines représentaient alors près de 45 % du commerce maritime mondial de ces produits.

Ce que cela peut changer en France

Pour les automobilistes français, le signal à suivre n’est pas une promesse de hausse immédiate. Une hausse dépendra de l’itinéraire des navires, du coût du transport, du prix du brut et de la disponibilité des carburants raffinés. Les prix déclarés par les stations permettent ensuite d’observer une éventuelle transmission, mais pas de l’attribuer à cet unique événement.

Le fait nouveau a donc un enjeu économique réel : une menace accrue sur Bab el-Mandeb risque d’alourdir le transport d’énergie. Son effet sur les prix français reste conditionnel, car la route n’est pas établie comme fermée et le marché pétrolier subissait déjà d’autres perturbations.

Pour aller plus loin

  • Pétrole — comprendre les règles et les démarches

Sources

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