L'énergie fait repasser l'inflation de la zone euro à 4 %
Eurostat estime l'inflation de la zone euro à 4,0 % en octobre, après 3,8 % en septembre. L'énergie progresse de 20,8 % sur un an, quand les autres prix avancent beaucoup plus lentement. Ce chiffre provisoire précède la réunion de la Banque centrale européenne, le 17 décembre.
L'énergie ne pèse que 90,3 pour mille du panier, soit un peu plus de 9 %. Sa hausse de 20,8 % sur un an représente pourtant environ 1,9 point de pourcentage, près de la moitié des 4,0 %.
Ces pourcentages comparent un mois au même mois de l'année précédente. Le produit du poids et du taux n'est pas encore la contribution officielle. Eurostat publiera le 18 novembre l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH (Indice des prix à la consommation harmonisé : mesure commune des prix dans l'Union européenne, celle qu'utilise la BCE. Elle peut différer de l'indice de l'Insee.)) complet, avec les taux par pays. Le 4,0 % mêle tous les pays de la zone euro, sans donner le taux de la France.
En décembre 2025, l'inflation (Hausse générale des prix à la consommation, mesurée ici sur un an dans la zone euro par un indice commun aux pays membres.) était de 2,0 %. En janvier, l'énergie retirait 0,39 point, et l'inflation n'était plus que de 1,7 %.
Le 4,0 % d'octobre est encore une estimation rapide (Premier chiffre d'inflation, publié juste après la fin du mois. Il peut être révisé quand les prix détaillés de tous les pays sont connus.). En août, le premier chiffre de 3,3 % a été ramené à 3,2 %. Les 3,8 % de septembre ont été confirmés.
Les autres prix accélèrent à peine
Les services ont augmenté de 3,3 % sur un an, après 3,2 % en septembre. L'alimentation, l'alcool et le tabac sont à 1,6 %, après 1,3 %. Les biens industriels hors énergie sont à 1,2 %, après 1,1 %.
Ces rythmes ont à peine varié sur un mois. L'énergie, elle, est passée de 18,9 % à 20,8 %. Le 4,0 % prolonge donc un décrochage de l'énergie, pas une hausse généralisée.
Les services pèsent près de la moitié du panier, à 468,2 pour mille. En septembre, ils contribuaient pour 1,52 point, contre 1,71 point pour l'énergie. Les biens hors énergie apportaient 0,29 point, et l'alimentation, l'alcool et le tabac 0,25 point.
De 1,7 % en janvier à 4,0 % en octobre
Taux annuel de l'indice des prix à la consommation harmonisé. Octobre 2026 : estimation rapide.LaBanque.org — données : EurostatSource
Entre janvier et octobre 2026, la série affiche huit hausses et une baisse. Cette baisse va de 3,2 % en mai à 2,8 % en juin.
La contribution de l'énergie était de 0,99 point en avril et de 0,77 point en juin. Ce moindre apport coïncide avec le seul repli de la série. En août, la contribution de l'énergie atteignait 1,29 point. Le rythme annuel du poste a ensuite accéléré : 14,3 % en août, 18,9 % en septembre, 20,8 % en octobre.
Le précédent mois à 4 % ou plus est septembre 2023, à 4,3 %. Le taux était retombé à 2,9 % dès octobre 2023.
De janvier 2024 à décembre 2025, le taux a évolué dans une bande étroite. Le plus bas a été de 1,7 % en septembre 2024, le plus haut de 2,8 % en janvier 2024. En septembre 2025, il était de 2,2 %.
La cible de 2 % est déjà loin
Le 4,0 % d'octobre dépasse de deux points la cible de la Banque centrale européenne. Cette cible est de 2 % à moyen terme, mesurée par l'IPCH. Elle est symétrique : un écart au-dessus ou en dessous est également indésirable. La BCE admet des écarts de court terme.
La facilité de dépôt (Taux auquel les banques déposent leurs liquidités à la BCE pour 24 heures. C'est par ce taux que la BCE pilote aujourd'hui sa politique monétaire.) est le taux d'intérêt (Pourcentage qui rémunère un dépôt ou qui coûte sur un prêt. La BCE en fixe le niveau directeur pour orienter le crédit dans la zone euro.) au jour le jour par lequel la BCE pilote sa politique monétaire. Elle est à 2,50 % depuis le 16 septembre 2026. Elle était à 2,00 % depuis le 11 juin 2025, puis à 2,25 % depuis le 17 juin 2026. L'inflation d'octobre la dépasse de 1,5 point.
Le Conseil des gouverneurs se réunit les 16 et 17 décembre, avec une conférence de presse le 17. Le détail d'octobre paraît le 18 novembre, et l'estimation rapide de novembre le 1er décembre.
L'activité ralentit pendant que les prix montent
Au troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,4 %. C'est moins que les 0,6 % du trimestre précédent. Sur un an, la croissance (Augmentation de l'activité économique, mesurée par le produit intérieur brut. On la suit d'un trimestre à l'autre ou sur un an.) atteint 1,3 %. En France, l'estimation préliminaire indique un recul de 0,1 %.
Eurostat peut réviser ces chiffres le 13 novembre, car les sources sont encore incomplètes. Un seul trimestre de baisse en France ne suffit pas à établir une récession.
Pour aller plus loin
Inflation — comprendre les règles et les démarches
Dans son avis rendu public le 4 novembre 2026, le Haut Conseil des finances publiques juge que 0,5 % de croissance n'est plus une prévision centrale. Une prévision de 0,3 % lui paraît plus vraisemblable. Le déficit public glisserait de 5,4 % à 5,5 % du PIB sous le seul effet des intérêts indexés.
Le 3 novembre, Joachim Nagel, président de la Bundesbank, a jugé qu'une hausse des taux est, en l'état, très probablement nécessaire en décembre. Le 29 octobre, les gouverneurs avaient pourtant maintenu, à l'unanimité, la facilité de dépôt à 2,50 %. La prochaine décision est fixée au 17 décembre.
Le projet de loi de finances pour 2027 autorise l'État à garantir un prêt du Fonds d'épargne, jusqu'à 60 milliards d'euros, pour six réacteurs nucléaires. Les livrets ne seraient ni prélevés, ni gelés. Le budget public prendrait l'écart entre le taux dû au fonds et celui payé par EDF.
BNP Paribas, Crédit Agricole S.A. et Société Générale cumulent plus de 7,33 milliards d'euros de bénéfices nets au troisième trimestre 2026. Longtemps freinés par le stock de prêts à taux fixe, les réseaux français profitent du renouvellement des crédits et du repli du taux du Livret A.
L'inflation française accélère à 3,4 % sur un an en octobre 2026 selon l'Insee, au plus haut depuis janvier 2024. Ce rebond est tiré par un bond de 24,1 % de l'énergie. Il active les formules de calcul des retraites de base, du Livret A et de la taxe foncière pour 2027.
Le produit intérieur brut français s'est contracté de 0,1 % au troisième trimestre 2026 selon l'Insee. Ce coup d'arrêt réduit les rentrées fiscales attendues par l'État. Pour maintenir le déficit public à 5,0 % en 2027, le gouvernement annonce des économies et des recettes supplémentaires.