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Hausse des taux directeurs anticipée par la Bundesbank — tours en verre du siège de la Banque centrale européenne à Francfort au crépuscule sur le Main.
Bourse

La Bundesbank juge très probable une hausse des taux en décembre

Le 3 novembre, Joachim Nagel, président de la Bundesbank, a jugé qu'une hausse des taux est, en l'état, très probablement nécessaire en décembre. Le 29 octobre, les gouverneurs avaient pourtant maintenu, à l'unanimité, la facilité de dépôt à 2,50 %. La prochaine décision est fixée au 17 décembre.

Par Julien Marchal3 min de lecture
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La pause ne ferme pas la porte

Si les perspectives d'inflation (Hausse générale des prix à la consommation, mesurée en zone euro pour guider les décisions de la BCE.) ne s'améliorent pas nettement, Nagel juge qu'il sera difficile d'éviter la hausse. Le 29 octobre, les gouverneurs avaient débattu d'un relèvement, avant de choisir d'attendre.

Position de la Bundesbank sur les décisions monétaires — portrait de Joachim Nagel en costume sombre et lunettes tenant un micro sur scène.
Joachim Nagel, président de la Deutsche Bundesbank.Leonhard Lenz / CC BY 4.0, via Wikimedia CommonsLicenceSource

Le même jour, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a rapproché la hausse des prix de l'énergie de celle du financement à long terme. Sauf évolution majeure, a-t-elle dit, le sens de la marche était clair. Le Conseil a toutefois rappelé qu'il ne préengageait aucune trajectoire.

La facilité de dépôt (Taux auquel les banques placent leur argent au jour le jour à la BCE. C'est lui qui oriente les taux en zone euro.) est à 2,50 % depuis le 16 septembre. Elle était tombée à 2 % le 11 juin 2025, avant deux relèvements de 0,25 point, le 17 juin 2026 puis le 16 septembre.

Taux de dépôt de la BCE d'octobre 2024 à octobre 2026 : recul de 3,25 % à 2 %, retour à 2,50 % en 2026, puis palier jusqu'à fin octobre.
La facilité de dépôt est passée de 3,25 % en octobre 2024 à 2 % en juin 2025, puis à 2,50 % depuis septembre 2026.LaBanque.org — données : BCESource

Des prix tirés par l'énergie

Le 4 novembre, Eurostat a estimé l'inflation de la zone euro à 4,0 % en octobre. Elle était de 3,8 % en septembre et de 3,2 % en août. L'énergie a augmenté de 20,8 % sur un an, après 18,9 % en septembre. Cette estimation est sortie le lendemain du discours de Nagel.

En Allemagne, l'inflation provisoire d'octobre retombe à 2,8 %, après 3,3 % en septembre. En France, l'indice national passerait de 3,1 % en septembre à 3,4 % en octobre. L'indice harmonisé, commun à la zone euro, passerait de 3,4 % en septembre à 3,8 % en octobre.

Les projections de septembre tablaient sur 3,0 % d'inflation en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. Le pic trimestriel était placé à 3,6 % en fin d'année 2026. Le seul mois d'octobre dépasse déjà ce pic, sans préjuger de novembre ni de décembre. Nagel estime que des hausses répétées de l'énergie peuvent davantage se transmettre aux autres prix, puis aux salaires.

La rémunération par salarié a ralenti à 3,3 % au deuxième trimestre 2026, après 3,6 % au premier. Le suivi des salaires négociés donne 2,5 % à 2,8 % pour le reste de 2026. La BCE y a vu une raison d'attendre : l'énergie ne s'était pas transmise aux salaires négociés.

Le coût du financement à long terme a déjà monté. Les taux d'intérêt (Coût d'un emprunt ou rémunération d'un placement. Les taux directeurs de la BCE influencent les crédits, l'épargne et les dettes d'État.) à dix ans des États de la zone euro ont pris environ 0,35 point depuis l'arrêt des projections de septembre. Pour le crédit immobilier (Prêt destiné à financer l'achat d'un logement. Son taux varie avec les taux de marché et l'orientation de la BCE.), le taux des nouveaux prêts en zone euro est passé de 3,5 % en juillet à 3,6 % en août.

Le 17 décembre, de nouvelles projections iront pour la première fois jusqu'en 2029. Nagel y subordonne son jugement et ne dit pas si le pas serait de 0,25 point, comme en juin et en septembre.

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Sources

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