PER ou assurance-vie : la différence fiscale en 2026
Le PER et l’assurance-vie ne procurent pas le même avantage fiscal. En 2026, les sorties de PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % sur les gains de l’assurance-vie. Le choix se joue aussi entre déduction immédiate, argent disponible et transmission.
Les sorties de PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026.
Les gains d’assurance-vie (L’assurance-vie est une enveloppe d’épargne qui peut accueillir des placements sécurisés ou exposés aux marchés, avec une clause pour transmettre un capital.) restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux.
Après 70 ans, les nouveaux versements PER ne sont plus déductibles.
Après huit ans, l’assurance-vie offre un abattement annuel sur les gains retirés.
Le PER reporte l’impôt, l’assurance-vie laisse l’épargne disponible
Le PER individuel et l’assurance-vie ne répondent pas à la même logique fiscale. Le premier peut réduire le revenu imposable au moment du versement, dans la limite du plafond personnel. L’assurance-vie ne donne pas cette déduction, mais elle permet de récupérer son épargne par un rachat, c’est-à-dire un retrait total ou partiel.
Le PER bloque en principe l’épargne jusqu’à l’obtention de la pension de retraite ou à l’âge légal de départ. Des sorties anticipées existent toutefois pour six accidents de la vie et pour l’achat de la résidence principale. Les droits issus de versements obligatoires restent bloqués pour cet achat.
L’assurance-vie ne comporte pas de plafond légal de versements. Un retrait peut intervenir avant l’échéance, selon les caractéristiques du contrat. Fiscalement, seule la part de gains contenue dans le rachat est imposable : le capital versé n’est pas taxé une seconde fois.
La réforme de 2026 creuse un écart sur les sorties
Depuis le 1er janvier 2026, les sorties de PER sont soumises à 18,6 % de prélèvements sociaux. Ces contributions s’ajoutent à l’impôt sur certains revenus du capital. Le taux était de 17,2 % auparavant. Cette hausse suit le relèvement de la contribution sociale généralisée, ou CSG, sur les revenus du capital, de 9,2 % à 10,6 %.
Les gains d’une assurance-vie à valeur de rachat sont, eux, soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. L’écart entre les deux produits est de 1,4 point. Il concerne les gains effectivement soumis au prélèvement lors de l’opération comparée ; il ne suffit pas, à lui seul, à départager les deux enveloppes.
Exemple
Sur 10 000 € de gains concernés, 18,6 % représentent 1 860 € sur une sortie de PER. À 17,2 %, le prélèvement serait de 1 720 € pour l’assurance-vie. L’écart est de 140 € : 10 000 × 1,4 %.
La nouveauté 2026 touche aussi les nouveaux versements après 70 ans. Ils restent possibles sur un PER, mais ne sont plus déductibles du revenu imposable. Pour un salarié, le plafond de déduction correspond en principe à 10 % des revenus d’activité de 2025. Le minimum est de 4 710 € si ce montant est plus favorable. Le maximum est de 37 680 €, avant les réductions liées à la situation individuelle.
Le choix de déduire un versement PER change la sortie
Le mot « défiscalisation » peut être trompeur pour un PER. Un versement déduit est soustrait du revenu imposable l’année du paiement. Mais lors d’une sortie en capital, ce montant est ajouté au revenu imposable. Il est taxé selon le barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %. C’est un report d’imposition, pas une exonération définitive.
La tranche marginale d’imposition est le taux appliqué au dernier euro imposable. À 30 %, un versement de 5 000 € intégralement déduit procure une économie d’impôt immédiate de 1 500 € : 5 000 × 30 %. Elle doit disposer d’un plafond PER suffisant. À la sortie, les 5 000 € déduits rejoindront néanmoins son revenu imposable.
À l’inverse, les versements volontaires non déduits ne procurent pas d’économie d’impôt au départ. Lors de la sortie en capital, ces versements sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Dans les deux cas, les gains du PER relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU), fixé à 31,4 % en 2026. Il comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Comment ça marche
Vérifier sur son avis d’impôt le plafond de déduction PER disponible.
Distinguer les versements volontaires que l’on souhaite déduire de ceux qui ne le sont pas.
Garder cette distinction pour comprendre la fiscalité du capital à la sortie.
Ne pas confondre cette règle avec les compartiments issus de l’épargne salariale ou des versements obligatoires.
Après huit ans, l’avantage de l’assurance-vie porte sur les gains
Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, la fiscalité des gains dépend de l’âge du contrat. Avant huit ans, ils sont imposés à 12,8 %. Une option globale pour le barème reste possible. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’y ajoutent.
Après huit ans, l’assurance-vie ouvre un abattement, c’est-à-dire une somme retranchée de la base taxable. Il atteint 4 600 € de gains retirés par an pour une personne seule et 9 200 € pour un couple imposé en commun, tous contrats confondus. Ce n’est ni un remboursement ni un montant de retrait exonéré : seule la part de gains est concernée.
Pour une personne seule, un retrait comprenant 3 000 € de gains peut être couvert par l’abattement annuel. Il faut qu’aucun autre gain d’assurance-vie ne l’ait déjà consommé cette année-là. L’impôt sur le revenu sur ces gains serait alors nul. Les prélèvements sociaux restent à considérer, selon les supports et ceux déjà prélevés.
Au-delà de cet abattement, les gains liés à des primes ne dépassant pas 150 000 € sont imposés à 7,5 % après huit ans. Le taux est de 12,8 % au-delà. Ce seuil s’apprécie sur l’ensemble des contrats d’assurance-vie du contribuable.
La transmission impose de vérifier la forme du PER
La transmission exige de distinguer les deux formes de PER. Un PER bancaire entre dans l’actif successoral. Un PER d’assurance applique une fiscalité proche de l’assurance-vie au décès du titulaire.
Avant 70 ans, le PER d’assurance prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà, le prélèvement est de 20 % jusqu’à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. L’assurance-vie souscrite depuis le 13 octobre 1998 applique également un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.
Après 70 ans, la différence est plus nette. Pour un PER d’assurance, l’épargne et les gains versés par l’assureur sont soumis aux droits de succession. Un abattement global de 30 500 € est réparti entre les bénéficiaires. Pour l’assurance-vie classique, ce sont les primes versées après 70 ans, et non les gains, qui sont concernées par ce même abattement global.
Le bon repère n’est pas de chercher un produit universellement meilleur. Le PER organise une épargne retraite potentiellement déduite mais largement bloquée. L’assurance-vie privilégie la disponibilité, une imposition limitée aux gains retirés et des règles de transmission qui lui sont propres.
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