Assurance-vie : 15,4 milliards d'euros versés en septembre
Les épargnants ont versé 15,4 milliards d'euros sur leurs contrats d'assurance-vie en septembre 2026, un record historique pour ce mois selon France Assureurs. Ce mouvement profite de l'écart de rendement avec le Livret A, ramené à 1,70 % en août.
Les cotisations (Ensemble des versements bruts effectués par les épargnants sur leurs contrats au cours d'une période donnée.) brutes sur l'assurance-vie (Contrat d'épargne à moyen ou long terme permettant d'investir sur des fonds en euros garantis ou des unités de compte non garanties.) ont progressé de 2 % sur un an en septembre 2026. Les prestations (Sommes versées par les assureurs aux souscripteurs ou bénéficiaires lors de retraits (rachats) ou de décès.) versées par les assureurs ont atteint 11,3 milliards d'euros (+6 %). La collecte nette (Solde entre les versements reçus et les retraits ou capitaux versés ; positif, il mesure l'apport d'argent frais.) ressort ainsi à 4,1 milliards d'euros sur le mois, après 4,3 milliards un an plus tôt.
Les supports en unités de compte (Supports d'investissement non garantis en capital (actions, obligations, immobilier) dont la valeur évolue avec les marchés.) captent l'essentiel de cet argent frais avec 2,8 milliards d'euros de collecte nette. Leurs versements progressent de 7 % sur un an. Les fonds en euros (Support d'assurance-vie dont le capital est garanti par l'assureur et dont les intérêts annuels sont définitivement acquis.) dégagent quant à eux un solde positif de 1,3 milliard d'euros. « Avec 15,4 milliards de cotisations en septembre 2026, les Français réaffirment leur confiance dans l'assurance-vie », souligne Paul Esmein, directeur général de France Assureurs.
Versements bruts mensuels en assurance-vie sur les neuf premiers mois de 2026 (en milliards d'euros).LaBanque.org — données : France AssureursSource
Les unités de compte et le PER tirent la collecte
Après le creux saisonnier d'août à 11,5 milliards d'euros de versements bruts, la reprise de septembre prolonge un début d'année très actif. De janvier à septembre 2026, les dépôts cumulés atteignent 154,2 milliards d'euros (+7 % sur un an). C'est leur plus haut niveau sur neuf mois depuis 2006. La collecte nette cumulée s'élève ainsi à 47,6 milliards d'euros et porte l'encours total à 2 161 milliards d'euros fin septembre (+4,6 %).
Le plan d'épargne retraite (Produit d'épargne à long terme destiné à préparer la retraite, avec des versements généralement déductibles du revenu imposable.) (PER) assurantiel soutient également ces flux réguliers. Au troisième trimestre 2026, les versements sur ces contrats ont atteint 3,3 milliards d'euros (+9 % sur un an). Ce compartiment rassemble désormais 8,5 millions d'assurés pour un encours de 127,5 milliards d'euros.
L'arbitrage en défaveur du Livret A s'accentue
Cet afflux vers l'assurance-vie coïncide avec un net recul de l'épargne réglementée à la rentrée. Selon la Caisse des Dépôts, le Livret A a accusé une décollecte nette de 1,52 milliard d'euros en septembre. En ajoutant le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), les retraits nets atteignent 2,22 milliards d'euros sur le mois.
L'écart de rémunération explique en partie ce report des liquidités. Depuis le 1er août 2026, le taux d'intérêt du Livret A est fixé à 1,70 % net. En face, les fonds en euros ont rapporté 2,63 % brut en moyenne en 2024 et 2025 selon l'ACPR. Ce rendement équivaut à environ 2,18 % après prélèvements sociaux (17,2 %). Pour 10 000 € placés un an, le fonds en euros rapporte ainsi environ 218 € nets, contre 170 € pour le Livret A.
Ce différentiel sera testé dès la mi-janvier 2027 lors de l'annonce des rendements annuels des assureurs. La révision semestrielle du taux du Livret A suivra au 1er février 2027.
Le groupe Crédit Agricole a dégagé un bénéfice net en hausse de plus de 28 % au troisième trimestre 2026, à 2,78 milliards d'euros. Malgré des revenus records en banque d'investissement, l'action de son entité cotée a cédé 2,62 % à l'ouverture à Paris.
Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d'affaires d'AXA progresse de 5 % à données comparables pour atteindre 93,0 milliards d'euros. Cette croissance s'appuie sur la collecte en assurance-vie et en santé, ainsi que sur la revalorisation des tarifs d'assurance dommages des particuliers.
Des courtiers en ligne abaissent à 50 000 € le ticket d'entrée de l'assurance-vie luxembourgeoise, contre 250 000 € en moyenne en banque privée. Ce seuil donne accès à la protection des avoirs du Grand-Duché, mais maintient des versements rigides et la fiscalité française.
Alors que le Livret A plafonne à 1,70 % net, l'obligation d'État française à dix ans a culminé à 4,90 % début octobre 2026. Mais après application de la flat tax de 31,4 %, son rendement réel s'établit à 3,36 % et suppose de conserver le titre jusqu'à maturité.
La hausse des prix à la consommation atteint 3,4 % sur un an en France en octobre 2026, au plus haut depuis début 2024. La flambée de l'énergie et la tenue des services effacent l'accalmie observée sur l'alimentation et les biens industriels.
Le groupe parlementaire LIOT propose de créer un « Livret D » rémunéré à 3,50 % net pour financer la dette publique. Ce placement bloquerait entre 1 000 € et 60 000 € pendant dix ans. Malgré son taux attractif, ce mécanisme ne réduit ni l'endettement de l'État ni le coût réel de son financement.