Découvert : fin du forfait minimum d'agios dès le 20 novembre
À partir du 20 novembre 2026, les banques ne pourront plus prélever de minimum forfaitaire d'agios sur les comptes dans le rouge. Sans aucune démarche à accomplir, les clients paieront uniquement les intérêts calculés au centime près selon le montant et la durée réelle de leur découvert.
Près d'une cinquantaine d'établissements bancaires français facturaient jusqu'ici un minimum forfaitaire d'agios (Somme minimale fixe prélevée par la banque dès qu'un compte passe en négatif, même si les intérêts réels ne représentent que quelques centimes.) à leurs clients. Cette somme plancher, qui s'élevait en moyenne à 6 € par trimestre, s'appliquait dès le premier euro de solde négatif. D'un réseau à l'autre, la ponction variait de 1,50 € à 13,50 € par trimestre, même pour un décalage de trésorerie de quelques heures.
Les grands réseaux de détail suppriment cette ligne de leurs grilles de frais bancaires (Ensemble des sommes perçues par une banque en contrepartie de la tenue du compte, des moyens de paiement ou des incidents de fonctionnement.). Le CIC, les Caisses d'Épargne et les Banques Populaires l'effacent pour le 20 novembre 2026. De son côté, La Banque Postale supprime son forfait trimestriel de 3 € au 1er janvier 2027. « Dans la pratique, les frais minimums forfaitaires vont donc être supprimés, c’est une bonne nouvelle pour les clients », souligne Anna Meylacq, porte-parole du comparateur Panorabanques.
Quel est le coût réel d'un petit découvert ?
À compter du 20 novembre 2026, les intérêts d'un découvert autorisé sont calculés au strict prorata du montant utilisé et du nombre de jours. Aucune démarche n'est requise du titulaire du compte pour bénéficier de ce calcul proportionnel. Dans les réseaux traditionnels, les taux nominaux d'agios s'échelonnent entre 15 % et 20 %. Les banques en ligne affichent des barèmes plus modérés, souvent compris entre 7 % et 8 % (notamment chez BoursoBank, Fortuneo ou Hello bank !).
Exemple
Découvert autorisé de 50 € pendant 3 jours au taux annuel de 16 % : le calcul légal donne (50 € × 3 jours × 16 %) / 365 jours, soit 0,07 € d'agios. Avec l'ancien forfait moyen de 6 €, le client payait 85 fois plus cher ; il économise 5,93 € sur cet incident.
Découvert autorisé de 100 € pendant 4 jours au taux annuel de 18 % : les intérêts prélevés s'élèvent à 0,20 €, au lieu d'un plancher trimestriel qui atteignait jusqu'ici 5 € à 8 € selon les établissements.
Cet ajustement cible les situations les plus fréquentes du quotidien. Selon une enquête Discurv pour Panorabanques publiée en octobre 2026, 43 % des Français passent dans le rouge au moins une fois dans l'année. Ils sont 18 % à connaître un découvert chaque mois, contre 16 % un an plus tôt. Or environ 65 % des découverts constatés portent sur moins de 200 € et sont régularisés en moins d'une semaine.
Le plafond de l'usure étendu aux moins de 200 €
L'interdiction des forfaits découle de l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, qui transpose la directive européenne 2023/2225 sur le crédit à la consommation (Prêt ou facilité de trésorerie accordé à un particulier par un établissement financier pour financer ses besoins personnels hors immobilier.). Jusqu'à présent, la réglementation héritée d'une directive de 2008 exemptait les découverts de moins de 200 € ou d'une durée inférieure à un mois. Cette dérogation permettait aux banques d'imposer un montant minimal fixe sans enfreindre les plafonds légaux.
À partir du 20 novembre 2026, ces petits découverts basculent intégralement sous le régime protecteur du crédit à la consommation. Chaque euro facturé doit obligatoirement entrer dans le calcul du Taux Annuel Effectif Global (TAEG (Taux Annuel Effectif Global : indicateur qui additionne les intérêts et tous les frais obligatoires pour mesurer le coût total annuel d'un crédit.)), qui mesure le coût total annuel du découvert. Ce TAEG ne peut en aucun cas dépasser le taux d'usure (Taux annuel maximal légal au-delà duquel une banque n'a pas le droit d'accorder un prêt ou un découvert, fixé chaque trimestre par la Banque de France.) fixé par la Banque de France.
Au 1er octobre 2026, ce plafond légal s'établit à 23,60 % pour les prêts d'un montant inférieur ou égal à 3 000 €. La Banque de France le calcule à partir du taux effectif moyen de 17,70 %, majoré d'un tiers. Sur un découvert de quelques jours, un forfait fixe de plusieurs euros propulsait mécaniquement le TAEG bien au-delà de cette limite légale.
Solvabilité et frais annexes à surveiller
L'application des règles du crédit à la consommation comporte toutefois une contrepartie pour les emprunteurs. Avant d'accorder ou de reconduire une autorisation de découvert, même inférieure à 200 €, la banque est tenue de vérifier la solvabilité du client. Cette évaluation reste proportionnée aux montants en jeu et n'impose pas de consulter systématiquement le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP).
Les associations de consommateurs redoutent néanmoins que ce contrôle restreigne l'accès au découvert autorisé pour les ménages au pouvoir d'achat (Quantité de biens et de services qu'un revenu permet d'acheter, compte tenu de l'évolution des prix à la consommation.) fragile. Sans autorisation préalable, ou dès que le solde franchit la limite convenue, le client s'expose à une commission d'intervention (Frais bancaires plafonnés à 8 € par opération, facturés lorsqu'un paiement se présente sur un compte sans provision ou au-delà du découvert autorisé.) sur chaque opération débitrice. La loi plafonne cette commission à 8 € par opération et 80 € par mois. Avec l'offre spécifique de fragilité financière, ce plafond tombe à 4 € par opération et 20 € par mois.
La fin des forfaits d'agios n'élimine pas tous les frais annexes. « Plus d’un tiers des Français se retrouve dans le rouge en raison de l’inflation (Hausse générale et durable des prix des biens et des services, qui réduit la valeur réelle de la monnaie.) », rappelle Anna Meylacq. De fait, 40 % des banques facturent la gestion du découvert, pour 16,80 € en moyenne et jusqu'à 50 € par an. À la réception des brochures tarifaires 2027, les clients devront vérifier avec attention cette ligne de frais.
Outils utiles
Simulateur de découvert bancaire — Estimer le montant exact des agios proportionnels selon la somme utilisée, la durée du découvert et le taux de sa banque.
Convertisseur de frais bancaires — Évaluer le poids annuel des frais de gestion d'une autorisation de découvert et des commissions d'intervention sur son budget.
Selon le baromètre annuel Panorabanques publié le 22 octobre 2026, 43 % des Français ont connu un découvert bancaire sur l'année écoulée. Ces tensions budgétaires précèdent un changement réglementaire important. Dès le 20 novembre 2026, les règles d'octroi vont en effet se durcir pour les facilités de moins de 200 €.
Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans a atteint 4,93 % le 20 octobre 2026, un sommet depuis juillet 2002. Ce renchérissement va se répercuter d'ici trois à six mois sur les barèmes des banques, portant les nouveaux prêts immobiliers au-delà de 4 % au premier trimestre 2027.
À partir du 20 novembre 2026, les banques devront évaluer la solvabilité avant toute nouvelle autorisation de découvert. Les autorisations inférieures à 200 € ou remboursables en moins d’un mois seront concernées. Un plafond déjà accordé restera utilisable sans nouvelle demande, tandis que les minima forfaitaires d’agios doivent disparaître.
L'exécutif examine une revalorisation anticipée du salaire minimum dès le 1er novembre 2026, sans attendre l'échéance annuelle du 1er janvier 2027. Ce geste viserait le pouvoir d'achat des salariés modestes, mais le Medef alerte déjà sur la fragilité financière des petites entreprises.
Le salaire net médian du secteur privé atteint 2 238 € par mois en 2025, selon le bilan annuel de l'Insee publié le 22 octobre 2026. Grâce au repli de l'inflation, le pouvoir d'achat moyen progresse de 1,5 % et dépasse pour la première fois son niveau de 2019.
L'agence de notation Moody's publie ce vendredi 23 octobre 2026 au soir sa révision de la note souveraine de la France, aujourd'hui fixée à Aa3. Un abaissement d'un cran alignerait son évaluation sur celles de Standard & Poor's et de Fitch. Dans le même temps, les taux d'emprunt de l'État dépassent déjà 5 %.