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Demande de crédit immobilier en zone euro — façade vitrée d'une agence bancaire et vitrine d'agence immobilière dans une rue commerçante à l'automne.
Crédits

Zone euro : la demande de crédit immobilier rechute à l'automne

Les banques de la zone euro constatent un net repli des demandes de prêts immobiliers au troisième trimestre, en France comme chez nos voisins. Elles resserrent aussi l'accès au crédit à la consommation et aux prêts aux entreprises. Ce coup de froid conforte un maintien des taux de la BCE ce jeudi.

Par Thomas Reynaud3 min de lecture
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Publiée ce mardi par la Banque centrale européenne (BCE), l'enquête trimestrielle auprès de 159 banques révèle un recul généralisé des demandes de prêt. Dans l'immobilier, le solde net (Écart en points de pourcentage entre la part des banques constatant une hausse (ou un durcissement) et celles signalant une baisse (ou un assouplissement).) des demandes — l'écart entre banques signalant une hausse et une baisse — tombe à -27 % au troisième trimestre. Ce repli dépasse nettement celui du printemps (-15 %) et les prévisions des prêteurs (-12 %).

Demande de crédit immobilier en zone euro : baisse continue sur trois intervalles, d'un solde net de +9 % fin 2025 à -27 % au troisième trimestre 2026.
Solde net des banques de la zone euro signalant une évolution de la demande de prêts immobiliers des ménages (en %).LaBanque.org — données : Banque centrale européenne (BLS)Source

Des banques françaises particulièrement sélectives

En France, la demande de crédit immobilier (Prêt bancaire à long terme destiné à financer l'achat, la construction ou les travaux d'un bien immobilier.) suit la même pente, avec un solde net de -25 % après -13 % au deuxième trimestre. Le niveau élevé des taux d'intérêt (Pourcentage exprimant le coût annuel d'un emprunt pour le débiteur ou la rémunération d'un placement pour l'épargnant.) et le manque de confiance des ménages freinent les projets d'achat. Sur ce segment, les banques n'ont pourtant pas modifié leurs critères d'octroi (Règles internes fixées par une banque (revenus, apport personnel, garanties) pour accepter ou refuser une demande de prêt.) au troisième trimestre (0 % en France comme en zone euro).

La sévérité des banques frappe en revanche la trésorerie des ménages et des entreprises. En zone euro, le solde net de durcissement atteint 14 % pour le crédit à la consommation (Prêt accordé aux particuliers pour financer des biens d'équipement, un véhicule ou un besoin de trésorerie, hors immobilier.) et 9 % pour les prêts aux entreprises. En France, cette rigueur s'accentue : le durcissement net atteint 38 % sur le crédit à la consommation et 27 % pour les entreprises.

Face à cette sélection accrue des dossiers, la proportion de demandes refusées augmente. Du côté des entreprises européennes, la demande de financement repasse dans le rouge (-6 %), après une légère progression au printemps (+3 %).

Un nouveau tour de vis attendu d'ici la fin de l'année

Les emprunteurs ne doivent pas espérer une détente immédiate aux guichets. Pour le quatrième trimestre, les banques de la zone euro prévoient de resserrer leurs critères d'octroi sur le crédit immobilier (+10 % en solde net). Elles anticipent aussi un durcissement supplémentaire de 16 % sur le crédit à la consommation, un niveau inédit depuis fin 2023.

Cette transmission du resserrement monétaire à l'économie réelle valide la politique de Francfort. Pour le Conseil des gouverneurs de la BCE, réuni ce jeudi 29 octobre, ces signaux rendent très probable un statu quo sur les taux directeurs (Taux d'intérêt fixés par la banque centrale pour encadrer le coût auquel les banques commerciales se refinancent.).

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