Le Livret A rebondit en août, mais reste négatif depuis janvier
Le Livret A a enregistré une collecte nette de 460 millions d’euros en août 2026. Ce rebond coïncide avec la hausse de son taux à 1,7 %, mais ne suffit pas à effacer les 5,40 milliards d’euros de retraits nets accumulés depuis janvier.
Le Livret A (Produit d’épargne réglementé, disponible et exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.) a attiré 460 millions d’euros de plus qu’il n’en a vu sortir en août. La collecte nette, c’est-à-dire la différence entre les dépôts et les retraits, redevient ainsi positive après les sorties du premier semestre.
Un rebond encore loin d’effacer les sorties
Ce résultat prolonge un premier signe d’amélioration : la collecte nette avait déjà atteint 80 millions d’euros en juillet. Mais le cumul du Livret A reste négatif à hauteur de 5,40 milliards d’euros sur les huit premiers mois de 2026. Les retraits enregistrés depuis janvier dépassent donc encore largement les dépôts des deux derniers mois.
Le mouvement est similaire pour l’ensemble de l’épargne réglementée (Produits d’épargne dont les règles, le taux et la fiscalité sont fixés par les pouvoirs publics.). Le Livret A et le LDDS (Livret d’épargne réglementé dont le taux est aligné sur celui du Livret A.) ont collecté 540 millions d’euros en août, tandis que leur cumul depuis janvier reste négatif de 6,31 milliards d’euros. L’écart entre les deux résultats mensuels correspond à la collecte nette du LDDS, soit 80 millions d’euros.
La collecte nette du Livret A redevient positive en juillet et en août, après six mois de sorties nettes.LaBanque.org — données : Caisse des DépôtsSource
Le graphique permet de voir que cette amélioration reste récente.
Le taux a augmenté, sans expliquer à lui seul le mouvement
Le rebond d’août coïncide avec le relèvement du taux d’intérêt (Pourcentage qui sert à calculer la rémunération d’une somme placée ou le coût d’un emprunt.) annuel du Livret A, passé de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026. Cette rémunération concerne aussi le LDDS. Les chiffres établissent une simultanéité, mais ils ne permettent pas d’isoler l’effet de la hausse des autres facteurs qui peuvent influencer les dépôts et les retraits.
À fin août, l’encours (Montant total présent sur un ou plusieurs produits à une date donnée, intérêts compris.) du Livret A et du LDDS atteignait 608,9 milliards d’euros. Depuis janvier, le Livret A affiche davantage de retraits que de dépôts. La collecte décrit des mouvements, pas le solde de chaque épargnant. Le taux de 1,7 % est un taux annuel : il ne correspond pas à un rendement mensuel.
Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages remplissant les conditions de revenus, enregistre aussi une collecte positive de 60 millions d’euros en août. Son encours atteint 83,4 milliards d’euros.
La Fédération bancaire française rejette fermement le projet de porter le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Proposée pour financer la transition climatique, cette mesure profiterait avant tout aux ménages les plus aisés selon les établissements financiers.
Dans une note thématique, la Cour des comptes préconise de soumettre à l'impôt les intérêts générés au-delà du plafond du Livret A. Cette piste cible les 15 % de comptes gonflés par les gains passés, sans toucher aux versements sous le seuil légal.
La ministre Monique Barbut propose de relever le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros pour financer l’adaptation climatique. Aucune décision n’a été prise : le plafond applicable reste inchangé. Pour un livret déjà plein, la marge de versement serait de 7 050 euros.
À compter du 1er août, le Livret A et le LDDS seront rémunérés à 1,7 %, tandis que les tarifs réglementés de l’électricité progresseront en moyenne de 2,5 %. L’allocation de rentrée scolaire sera versée le 4 août ou le 18 août, selon le territoire.
Le LEP reste le livret le mieux rémunéré pour les épargnants qui y ont droit : son taux reste à 2,5 % au 1er août 2026. Le Livret A et le LDDS passent à 1,7 %. L'écart est réel, mais il est limité par le plafond du LEP et par les règles de calcul des intérêts.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les avoirs déjà déposés à la Caisse des dépôts. Les comptes actifs ne sont pas concernés ; le texte prévoit la restitution intégrale des sommes réclamées par leurs titulaires ou ayants droit, intérêts compris.