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Plafond du Livret A et opposition des banques — comptoir d'accueil en chêne clair, présentoir de dépliants neutres et large baie vitrée donnant sur une rue parisienne.
Épargne

Livret A : les banques s'opposent au plafond à 30 000 euros

La Fédération bancaire française rejette fermement le projet de porter le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Proposée pour financer la transition climatique, cette mesure profiterait avant tout aux ménages les plus aisés selon les établissements financiers.

Par Claire Vasseur2 min de lecture
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Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, propose de porter le plafond du Livret A (Compte d'épargne réglementé dont les fonds restent disponibles, garantis par l'État et totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux.) de 22 950 euros à 30 000 euros. Cette hausse vise à financer l'adaptation au changement climatique. Pour Olivier Gavalda, président de la Fédération bancaire française (FBF), l'initiative constitue une « très mauvaise idée ». Le secteur bancaire dénonce un dispositif inefficace pour l'épargne (Part des revenus qui n'est pas consommée immédiatement et conservée sur des comptes ou placements pour financer des projets futurs.) populaire et coûteux pour les contribuables.

Un avantage réservé aux ménages les plus aisés

Cette contestation s'appuie d'abord sur la sociologie des détenteurs. Selon les données de la Banque de France, seuls 15 % des livrets atteignent le plafond réglementaire en vigueur depuis 2013. Ces contrats concentrent pourtant déjà près de la moitié de l'encours global, établi à 444,2 milliards d'euros fin août 2026. Relever ce seuil légal avantagerait donc principalement les foyers disposant déjà d'importantes liquidités.

Exemple

Un titulaire au plafond actuel de 22 950 euros pourrait déposer 7 050 euros de plus. Au taux en vigueur de 1,70 %, ce versement générerait 119,85 euros d'intérêts annuels nets supplémentaires.

Le risque d'une facture fiscale accrue

Les banques alertent également sur les conséquences pour le budget de l'État. Le Livret A bénéficie d'une fiscalité (Ensemble des règles relatives aux impôts, taxes et prélèvements sociaux appliqués aux revenus, au patrimoine et aux produits financiers.) avantageuse avec une exonération totale d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Selon le Cercle de l'épargne, relever le plafond pourrait drainer 10 milliards d'euros vers le Fonds d'épargne géré par la Caisse des Dépôts. Ce transfert alourdirait la dépense fiscale (Manque à gagner pour le budget de l'État causé par une exonération d'impôt ou un avantage consenti sur un produit d'épargne.), car ces gains échapperaient aux taxes pesant sur les placements classiques.

Les réseaux bancaires craignent aussi d'immobiliser ces capitaux sur des supports très liquides et garantis. Ces sommes feraient alors défaut au financement de long terme des entreprises. Pour l'heure, cette piste ministérielle n'a fait l'objet d'aucun arbitrage formel à Matignon ni à Bercy.

Outils utiles

Pour aller plus loin

Sources

Dans le dossier « Livret A »

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